
Donald Trump revient à l’attaque. En mars 2025, il avait déjà brandi la menace de taxer les vins et champagnes français à 200 %. Ce taux a finalement été ramené à 10 % puis à 15 % en août dernier. C’est un nouveau coup dur pour la filière viticole, qui doit faire face aux mêmes enjeux.
Le marché américain est le premier en volume et en valeur pour le champagne. L’interprofession reste attentive aux prochaines annonces concernant ces taxes. En 2024, plus de 27 millions de bouteilles ont été vendues aux États-Unis, représentant 14 % du chiffre d’affaires total du secteur, selon les derniers résultats publiés par le Comité Champagne.
Dans la maison Veuve Fourny à Vertus (Marne), Charles Fourny, cogérant du domaine, évoque cette année particulière : « Nos produits, c’est devenu de la géopolitique », plaisante-t-il. En début d’année 2025, ils ont expédié l’équivalent de 40 % de leurs ventes annuelles, mais au final, il y a eu plus de peur que de mal.
Les distributeurs ont consenti à de gros efforts pour absorber une grande partie de l’augmentation des droits de douane. Chaque année, Charles et son frère exportent plus de 30 000 bouteilles sur le sol américain, ce qui représente 12 % de leur chiffre d’affaires. Cependant, l’incertitude plane toujours : « C’est tellement imprévisible. »
Il ajoute que cette année, il est moins inquiet car l’Europe est en capacité de répondre à Trump. Pour 2025, Charles Fourny estime déjà une perte de près de 10 % sur ce marché. Malgré cela, il garde espoir : « Les Américains ne boudent pas nos produits. »
Charles Fourny avertit que si Trump déclare une taxe de 200 %, cela signifierait la fin du marché. Pour cette maison, qui écoule 80 % de ses flacons à l’export, cela serait un coup dur. Elle est également présente dans 31 pays, notamment aux USA, en Angleterre, en Allemagne, en Australie et au Japon.
De plus, l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur pourrait permettre d’ouvrir de nouveaux marchés en Amérique du Sud, notamment au Brésil. Cependant, Charles Fourny déplore que les quantités vendues aux États-Unis ne pourront jamais être absorbées par le reste du monde.
La situation reste préoccupante pour les producteurs de champagne face aux menaces de Trump. Bien que des efforts soient faits pour maintenir les ventes, l’incertitude demeure. La filière viticole devra s’adapter aux évolutions du marché et aux décisions politiques pour survivre.