
Le premier ministre canadien Mark Carney a accepté une invitation de Xi Jinping, marquant un potentiel "tournant" dans les relations entre le Canada et la Chine. Cette rencontre fait suite à un échange de 40 minutes lors du sommet de l'APEC, la première entre un premier ministre canadien et le président chinois depuis 2017.
Les relations entre ces deux pays se sont détériorées après une controverse diplomatique en 2018, suivie d'un conflit commercial débuté en 2024. Alors que les tensions commerciales avec les États-Unis augmentent, Carney a exprimé son intention de renforcer les liens avec d'autres grandes économies, notamment en doublant les exportations canadiennes hors des États-Unis dans la prochaine décennie.
Carney a souligné que la distance n'est pas la solution aux problèmes. Il a déclaré que le Canada et la Chine ont atteint un tournant qui pourrait engendrer des développements positifs pour l'économie canadienne. Les deux dirigeants ont demandé à leurs équipes de travailler rapidement pour résoudre les problèmes commerciaux en suspens.
Les tensions commerciales se sont intensifiées avec l'imposition par le Canada d'une tarification à 100% sur les véhicules électriques chinois en octobre 2024, une action qui a été suivie par des mesures similaires de la part des États-Unis. En réponse, la Chine a imposé des tarifs sur plusieurs produits agricoles canadiens, affectant gravement les agriculteurs canadiens.
Des premiers ministres provinciaux, comme Wab Kinew du Manitoba, ont appelé le gouvernement fédéral à annuler les tarifs sur les véhicules électriques chinois. Kinew a averti que le Canada se trouve désormais dans une guerre commerciale à deux fronts, avec ses deux principaux partenaires commerciaux, les États-Unis et la Chine.
En parallèle, les États-Unis ont imposé des tarifs de 35% sur tous les biens canadiens non couverts par un accord de libre-échange, aggravant encore la situation. Ces mesures ont mis les agriculteurs canadiens sous pression, surtout ceux qui dépendent des exportations vers la Chine.
Les relations Canada-Chine étaient déjà tendues en raison de la détention de deux Canadiens, Michael Spavor et Michael Kovrig, accusés d'espionnage en 2018. Leur arrestation a eu lieu peu après celle de Meng Wanzhou, cadre de Huawei, à la demande des États-Unis. Tous trois ont été libérés en 2021.
La Chine a également été accusée d'interférer dans les élections canadiennes de 2019 et 2021, ce qui a conduit à une enquête publique. Bien que l'enquête ait révélé des tentatives d'ingérence, elle a conclu que l'impact était minimal. La Chine a nié toutes les allégations d'ingérence.
La rencontre entre Carney et Xi pourrait signaler un nouvel espoir pour les relations entre le Canada et la Chine. Alors que les deux pays cherchent à résoudre leurs différends commerciaux, il est essentiel de garder un dialogue ouvert. Les prochaines étapes détermineront si ce tournant se traduira par des actions concrètes et bénéfiques pour les deux nations.