
Le Parisien rapporte que, parallèlement, le président a nommé Annick Lemoine à la tête du musée d’Orsay.
Au cœur d'une tempête institutionnelle, la direction du musée a changé de main : Christophe Leribault, 63 ans et président du château de Versailles, a été nommé pour prendre la tête du musée en remplacement de Laurence des Cars, qui a présenté sa démission après le spectaculaire vol des joyaux de la Couronne le 19 octobre 2025.
La nomination a été officialisée au terme du conseil des ministres, mercredi 25 février 2026, a annoncé la porte‑parole du gouvernement Maud Brégeon. Elle a souligné l'urgence d'une réforme profonde et précisé que « il aura notamment à conduire des chantiers importants, majeurs, pour l’avenir de l’institution, de modernisation et sécurisation notamment ». Quelques heures plus tôt, elle avait résumé autrement la situation : « C’est une page qui se tourne. Laurence Des Cars a eu l’occasion de s’expliquer… pour autant, dans un souci d’apaisement et d’écriture d’une nouvelle page du Louvre, elle a pris la décision en conscience et en responsabilité de partir. »
La démission de Laurence des Cars, 59 ans, intervient après des mois de tensions internes et de critiques publiques. En effet, le cambriolage d’octobre 2025 et une série de grèves répétées des agents avaient déjà mis en lumière des failles opérationnelles ; le commando a agi en plein jour, devant un musée qui attire chaque année un nombre considérable de visiteurs.
Constituée début décembre 2025, la commission d’enquête parlementaire a multiplié les auditions — plus de soixante‑dix — pour dresser un bilan sévère de la gestion du musée. Son président, le député LR Alexandre Portier, a estimé que « le vol du Louvre n’est pas un accident, il révèle des défaillances systémiques du musée », tandis que le rapporteur, Alexis Corbière (ex‑LFI), a dénoncé une « hyperprésidence » et le report d’un schéma directeur de sûreté.
Les auditions se poursuivent et s’annoncent tendues : la commission a programmé d’entendre la démissionnaire ainsi que la ministre de la Culture la semaine suivante, et la pression politique ne faiblit pas. « Très clairement, il y a une liste de défaillances qui aurait déjà conduit dans pas mal de pays et d’établissements à un départ depuis longtemps », a résumé un député, traduisant l’ambiance qui a précédé la remise de la lettre au chef de l’État.
La mission confiée à Christophe Leribault est limpide et lourde : restaurer la confiance, moderniser les dispositifs de sécurité et repenser le pilotage d’une institution qui mêle prestige mondial et responsabilité publique. Il arrive avec l’ambition de tourner la page et d’éteindre la crise, mais héritera aussi d’un dossier politique et médiatique particulièrement corrosif.
Au‑delà de la gouvernance, le casse lui‑même demeure une blessure ouverte : le butin, toujours introuvable, a été estimé à 88 millions d’euros, et les questions sur la sûreté resteront au centre des débats tant que les bijoux n’auront pas été retrouvés.
Le musée du Louvre accueille chaque année quelque neuf millions de visiteurs, ce qui rend d’autant plus impérative une réponse rapide et crédible pour rassurer le public et prévenir toute récidive.
Dans ce contexte délicat, la nouvelle direction devra conjuguer fermeté, transparence et réforme profonde afin de redonner au musée l'autorité et la sécurité attendues par la nation et ses millions de visiteurs.