
Anthropic a ouvert, pour un temps limité, la porte à son modèle le plus puissant — celui qu’il jugeait trop dangereux il y a encore deux mois. Claude Fable 5 est désormais accessible pour tous les abonnés payants, mais pas pour longtemps : l’offre gratuite dans les forfaits prend fin le 22 juin 2026.
Claude Fable 5 est inclus dans les abonnements Pro, Max, Team et Enterprise jusqu'au 22 juin 2026. Le 23 juin, le modèle sera retiré des forfaits et nécessitera des crédits d'utilisation.
Pourquoi ce revirement ? En avril, Claude Mythos avait présenté Claude Mythos, un modèle capable d’enchaîner des failles de sécurité de manière autonome — une capacité jugée trop risquée pour une diffusion large. Mythos avait donc été cantonné à quelques partenaires via le Project Glasswing : AWS, Microsoft, Apple et CrowdStrike.
Fable 5 n’est pas un autre moteur : c’est le même moteur, mais habillé de garde-fous. Quand une requête paraît sensible, elle est redirigée vers Claude Opus 4.8, version jugée plus sûre.
Sur le plan des performances, Fable 5 ne cherche pas à faire de la figuration. Il domine la plupart des benchmarks. Sur SWE‑Bench Pro, dédié à l’ingénierie logicielle, il obtient 80,3 % contre 58,6 % pour GPT‑5.5 et 54,2 % pour Gemini 3.1 Pro.
Ces chiffres se traduisent par des exploits concrets : selon Anthropic, Fable 5 a réalisé en une journée une migration de 50 millions de lignes de code qu’on estimait à plus de deux mois de travail. Autre démonstration — plus ludique — : il a terminé Pokémon Rouge Feu en 40 heures en se basant uniquement sur des captures d’écran.
L’accès gratuit a donc un coût différé : après la période d’essai, il faudra payer à l’usage pour continuer à utiliser Fable 5. Via l’API, Anthropic facture 10 dollars par million de tokens en entrée et 50 dollars par million en sortie, soit le double du tarif d’Opus 4.8. Pour les abonnés, le tarif en crédits n’a pas été précisé.
Anthropic assure vouloir remettre Fable 5 dans les abonnements dès que la capacité le permettra, mais sans calendrier précis. Pour l’instant, la manœuvre ressemble à un test public : l’entreprise met son fer de lance en lumière, observe l’usage, puis ferme la vanne payante. Les développeurs et entreprises qui veulent tester la bête ont donc dix jours pour expérimenter sans surcoût — après quoi l’addition pourra être salée, surtout pour des usages intensifs.
En bref : Claude Fable 5 montre ce que peuvent désormais accomplir les grands modèles quand on lève les freins techniques — et rappelle aussi que la frontière entre démonstration publique et produit payant reste, pour l’instant, très étroite.