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« On Est Venus Par Solidarité » : Les Clients S'unissent Pour Sauver La Verrerie D'Arques

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Clients - « On Est Venus Par Solidarité » : Les Clients S'unissent Pour Sauver La Verrerie D'Arques

Une journée chargée pour Maud Cadenas

L’après-midi est bien avancé et Maud Cadenas n’a toujours pas trouvé le temps de déjeuner. Ce samedi de février, marqué par un temps changeant, la directrice d’Arc Outlet, le magasin voisin de la célèbre verrerie bicentenaire d’Arques, est légèrement essoufflée. Ses cheveux bouclés et cuivrés s'animent au rythme de ses déplacements dans la boutique de près de 1 500 m².

Face à l’afflux impressionnant de clients, son équipe doit se démultiplier. « Normalement, janvier-février, c’est la période creuse, mais cette année, c’est mission impossible : les linéaires se vident à une vitesse folle », s’exclame-t-elle. L’annonce du placement en redressement judiciaire de la branche française du fabricant de produits en verre a eu un impact significatif.

Une entreprise emblématique en difficulté

Pour les quelque 3 500 salariés concernés, la situation est préoccupante. Tous craignent d’importantes suppressions d’emplois. Dans cette région des Hauts-de-France, tout le monde connaît quelqu’un qui a travaillé pour la verrerie fondée en 1825. Au début des années 2000, jusqu’à 12 000 personnes y étaient employées.

« Arc est une entreprise emblématique de la région, elle a façonné l’histoire de ce territoire », raconte Maud Cadenas, qui organise régulièrement des visites de l’usine où plus de deux millions de pièces sont produites chaque jour. Les fantômes de Georges et Jacques Durand, anciens directeurs et propriétaires de la Cristallerie d’Arques, semblent toujours présents.

Un soutien inattendu des clients

Depuis que les difficultés d'Arc font la une, la boutique a vu une afflux impressionnant de clients. Maud Cadenas n’est pas surprise par cet engouement : « Les gens nous disent : On a vu que vous aviez des problèmes alors on est venus vous soutenir. » Cette solidarité touche profondément l’équipe.

Dans les rayons, les verres brillent tandis que les clients manipulent les assiettes. « Il y a du monde ! », s’étonne une visiteuse avec son chariot bleu. Certains ont parcouru une heure et demie de route pour venir. Un couple de Valenciennes souligne : « Ici, c’est de la qualité. Ce qu’on achète sur Internet ne résiste pas ! »

Des achats portés par la solidarité

Marion et Laurent, un couple d’acheteurs, remplissent leur chariot de flûtes à champagne et de verrines. « Quand nous nous sommes mariés, en 2002, nous avons reçu un service complet d’ici. C’est la vaisselle des dimanches », explique Laurent. Ils ne peuvent pas imaginer la fermeture de cette entreprise.

Éliane et Jean, venus de Béthune, ajoutent : « On est venus par solidarité. » Éliane a choisi des petites assiettes Arcoroc qu’elle connaît bien. « Si ça peut aider, même si ce n’est qu’un grain de sable… », conclut-elle. Bien qu'ils soient conscients que leur mobilisation ne changera pas fondamentalement la situation, ils expriment leur attachement à cette histoire industrielle.

Un avenir incertain pour Arc

Emmanuel, un chauffeur routier, souligne l’importance de soutenir les salariés. « Ils ont des vies de famille, des loyers à payer… » indique-t-il. Des délégués syndicaux d’Arc France seront reçus à Paris pour discuter de l’avenir de l’entreprise. Les candidats à la reprise ont jusqu’au 17 février pour soumettre leurs offres.

Deux prétendants ont déjà manifesté leur intérêt. Timothée Durand, héritier de la famille associée à la verrerie, envisage plusieurs centaines de licenciements. En revanche, Patrick Puy, ancien président d’Arc International, souhaite maintenir le même nombre de salariés, mais sa proposition est jugée moins solide.

Un samedi exceptionnel

Malgré l’incertitude, Maud Cadenas reste concentrée sur le présent. « C’est phénoménal, tout ce monde, pour un samedi de février », s’enthousiasme-t-elle. Selon Arc France, le magasin a enregistré une croissance de chiffre d’affaires de + 93 % par rapport à l’année précédente. En milieu d’après-midi, des dizaines de clients patientent aux caisses, bras chargés d’articles colorés.

« Du jamais-vu ! », s’exclame Maud Cadenas, les yeux brillants. « C’est Noël après Noël ! » L’avenir reste incertain, mais la mobilisation des clients témoigne d’un fort attachement à cette entreprise emblématique.

Publié le : 8 février 2026
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