
Les viticulteurs d’eaux-de-vie de cognac ont désormais la possibilité de bénéficier d’une surprime de 6 000 euros par hectare. Cette aide s’ajoute aux 4 000 euros accordés par FranceAgriMer, un établissement public sous la tutelle du ministère de l’Agriculture. Cette mesure a été validée récemment par le BNIC, qui regroupe les maisons de négoce et les viticulteurs des Charentes.
La surprime, la plus élevée en France actuellement, est entièrement financée par les viticulteurs eux-mêmes. L’UGVC, l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC Cognac, souligne l’importance de cette aide. Son président, Anthony Brun, insiste sur l’urgence de la situation et la nécessité de trouver rapidement des solutions pour le secteur viticole.
Anthony Brun évoque un changement brusque du contexte en seulement trois ans. Les viticulteurs doivent disposer des bons leviers pour faire face à cette situation difficile. Il souligne également l'importance d'un accompagnement lors de l’arrachage des vignes, afin d'assurer la pérennité des exploitations.
Le Syndicat des maisons du négoce (SMC) a choisi de ne pas soutenir cette surprime. Ses membres continuent de maintenir des tarifs d’achats élevés tout en gérant le stockage d’une production s’élevant à près de 11 années. Le SMC appelle à un soutien plus clair et stable de l’État et de l’Union européenne, pointant du doigt la responsabilité de l'Europe dans la guerre commerciale avec la Chine.
Pour financer cette surprime, tous les viticulteurs des départements de Charente et de Charente-Maritime devront contribuer à un fonds dédié. Cela se fera via une cotisation volontaire obligatoire (CVO). Anthony Brun compare cette cotisation à un emprunt à long terme qui pourrait profiter à l'ensemble de la profession.
Seuls les cépages de l’appellation cognaçaise, tels que l'Ugni blanc, la Folle blanche et les montils, pourront bénéficier de cette aide. Les premiers dossiers pourront être déposés à partir du 6 février et ce, pour une durée d’un mois. Anthony Brun avertit que ce délai est très court.
Selon le BNIC, l’objectif du plan en cours est d’arracher 3 500 hectares de vignes. Le vignoble de cognac s’étend sur près de 90 000 hectares. En 2025, le volume des exportations a chuté, avec seulement 141 millions de bouteilles écoulées, le plus faible chiffre depuis la crise financière de 2008.
La situation des viticulteurs de cognac est préoccupante. Avec l'introduction de cette surprime et la nécessité d'un financement collectif, il est crucial d'agir rapidement. L’avenir du secteur dépendra de la capacité des acteurs à s’adapter et à surmonter les défis actuels.