
La mobilisation des agriculteurs a repris, mais leur présence à Paris est incertaine. Plusieurs arrêtés préfectoraux interdisent les mouvements de tracteurs dans plusieurs régions jusqu'à jeudi. Cette décision a été prise après que la Coordination rurale a menacé de se diriger vers la capitale.
Les discussions à Matignon ont commencé avec les Jeunes agriculteurs à 15 heures. Elles se poursuivront avec la FNSEA et la Confédération paysanne les jours suivants. Le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, a appelé ses membres à se rendre à Paris de manière pacifique, malgré l'interdiction des convois.
Les agriculteurs expriment leur colère face à plusieurs crises. Parmi celles-ci, on trouve l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse touchant les bovins. Les prix bas du blé et élevés des engrais affectent également les céréaliers. De plus, la concurrence accrue des pays du Mercosur et les négociations sur la PAC compliquent la situation.
Bertrand Venteau a affirmé que les agriculteurs resteront mobilisés contre l'accord UE-Mercosur. Il a annoncé une mobilisation au Parlement européen le 19 janvier si l'accord est signé. La FNSEA a également sonné la mobilisation nationale, bien que les actions actuelles semblent limitées à des points de blocage locaux.
Ce lundi, plusieurs points de blocage ont été signalés par la gendarmerie. Des actions ont été menées sur les autoroutes A75, A64, A51 et A7, notamment aux abords de Lyon. À Calais, des agriculteurs ont mis en place un barrage filtrant pour contrôler les marchandises.
Antoine Peenaert, responsable local de la FNSEA, a expliqué que l'objectif était de sensibiliser les citoyens aux normes de production imposées. Les agriculteurs souhaitent que les règles soient équitables et respectées par tous les pays.
Le gouvernement a promis des mesures pour soutenir les agriculteurs tout au long du mois de janvier. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé que le fonds hydraulique agricole atteindrait 60 millions d'euros en 2026. Le Premier ministre a également évoqué une phase plus offensive dans les relations avec les agriculteurs.
Sébastien Lecornu a appelé l'UE à renforcer les contrôles aux frontières pour les produits agricoles. Il a confirmé la suspension de l'importation de fruits et légumes d'Amérique du Sud contenant des résidus de produits interdits en Europe, mais ces mesures doivent encore recevoir l'approbation de Bruxelles.
Les syndicats jugent les promesses du gouvernement insuffisantes. Laurence Chanove, de la Coordination rurale, a déclaré qu'ils ne bougeraient pas tant que leurs demandes concernant la dermatose et l'accord avec le Mercosur ne seraient pas satisfaites. La vaccination des bovins a atteint 75 % dans le Sud-Ouest, condition préalable à la levée des restrictions.
Les syndicats, dont la Coordination rurale et la Confédération paysanne, continuent de mener la contestation. Ils réclament la vaccination généralisée et l'arrêt de l'abattage intégral des animaux infectés. La situation reste tendue alors que la mobilisation se prépare pour les jours à venir.
La situation des agriculteurs en France est critique, marquée par des crises multiples et une mobilisation croissante. Les syndicats s'opposent fermement aux décisions du gouvernement. La mobilisation à Paris reste incertaine, mais les agriculteurs sont déterminés à faire entendre leur voix.