
« Ce n’est juste plus possible. A force de subir, les élus et la population n’en peuvent plus ». Yves Ludwig, maire de Stiring-Wendel, exprime la colère de ses collègues face à un problème récurrent : les installations sauvages des gens du voyage. Cette situation se dégrade avec des incidents fréquents, causés par des caravanes s'installant sur des terrains privés ou dans l’espace public.
Récemment, un groupe de gens du voyage a été délogé d'un site à Stiring-Wendel pour se réinstaller sur une aire de stationnement à Forbach. Ces manœuvres sont illégales et se multiplient, comme le dénonce Pierre Lang. « Le pire est que la loi impose aux collectivités de leur prévoir des terrains aménagés », explique-t-il, soulignant le coût de ces terrains souvent inutilisés.
Les conséquences sont lourdes pour les collectivités. « Partout où transitent les caravanes, on constate des dégâts », déclare Yves Ludwig. Ces dégradations entraînent des frais importants pour les contribuables, aggravant la situation déjà tendue.
Yves Ludwig, accompagné de Jean-Claude Hehn, a alerté les représentants de l’État sur cette problématique. « En 2025, nous avons subi une trentaine de campements illégaux sur Forbach », indique Hehn. Chaque intervention nécessite des frais d’huissiers et d’avocats, sans compter les coûts liés au traitement des déchets, qui s’élèvent à 60 000 euros.
Une dizaine de ces installations font actuellement l’objet de poursuites judiciaires. « Tant que la loi ne sera pas plus ferme, on n’avancera pas », affirme Ludwig, appelant à une mobilisation des élus.
Les campements sauvages entraînent des coûts considérables. L'été dernier, un campement près du Musée de la Mine a généré près de 100 000 euros de dépenses. Cela inclut le traitement des déchets et une perte de revenus pour les gîtes touristiques voisins, qui ont vu leur clientèle diminuer.
Ces incivilités, selon Alexandre Cassaro, contribuent à « nourrir le vote des extrêmes ». Les habitants, subissant des restrictions d’eau en été, constatent des branchements illégaux pour refroidir les caravanes, ce qui suscite une irritation croissante.
La situation s’est aggravée avec l’arrivée de nouvelles populations de gens du voyage. Yves Ludwig note que les incidents, autrefois rares, sont devenus quotidiens. « Ils n’entretiennent pas toujours des relations apaisées entre eux », ajoute-t-il, ce qui complique encore plus la situation.
Joseph Charpentier, pasteur évangélique, souligne le manque d’aires spécifiques pour accueillir les gens du voyage. « Le Grand-Est doit doubler le nombre de ces périmètres d’accueil », propose-t-il, afin d’apaiser les relations avec les populations locales.
La situation à Stiring-Wendel et Forbach met en lumière les défis liés aux installations sauvages des gens du voyage. Les élus, face à une loi insuffisante, appellent à des mesures plus strictes. Sans une action concertée, les tensions continueront de croître, impactant la vie quotidienne des habitants.