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Collision à LaGuardia : un pompier a entendu « stop »

Pompier sur le tarmac de l’aéroport LaGuardia près d’un avion, véhicules d’urgence en arrière-plan
Incident LaGuardia

Collision à LaGuardia: impact immédiat

Un camion de pompiers a traversé une piste de LaGuardia au pire moment: quelques secondes après l’atterrissage du vol 8646 d’Air Canada Express, l’appareil a percuté le véhicule. Les pilotes, Mackenzie Gunther et Antoine Forest, ont été tués; plus de 30 personnes ont été blessées, dont six grièvement.

La collision s’est produite sur la piste 4 de l’aéroport LaGuardia. Le vol 8646 avait été autorisé à atterrir à 23 h 35.

Problème de communication selon le rapport du NTSB

Le rapport préliminaire du NTSB pointe d’abord un problème de communication. Le conducteur principal affirme avoir entendu à la radio un ordre : « stop, stop, stop », mais ne pas avoir compris que le message lui était destiné.

Un autre pompier, installé dans la tourelle, a ensuite entendu clairement « Camion 1, stop, stop, stop! » et a compris que l’avertissement concernait leur véhicule — trop tard : le camion était déjà engagé sur la piste au moment où l’avion touchait le sol.

Les transmissions montrent qu’un contrôleur a répété « stop » au moins dix fois pour tenter d’empêcher la traversée. Après l’impact, on entend le contrôleur dire : « J’ai fait une erreur. » Le rapport souligne cependant que le personnel de la tour de contrôle était qualifié; l’accident tient donc à la précision et à l’interprétation des mots au moment critique.

Transpondeurs absents et limites du système ASDE‑X

L’absence de transpondeurs sur les véhicules d’urgence a aggravé la situation. Sept véhicules présents dans le secteur n’étaient pas équipés; bien qu’ils aient été détectés par radar, le système de surveillance de surface ASDE‑X n’a pas pu déterminer leur position avec suffisamment de précision. Conséquence : aucune alarme visuelle ou sonore n’a prédit le conflit entre l’avion et le camion.

La FAA avait pourtant recommandé en mai dernier que les aéroports équipés d’ASDE‑X demandent aux véhicules d’urgence d’embarquer des transpondeurs. De son côté, le Bureau de la sécurité des transports du Canada avertit depuis plus de quinze ans du risque d’incursions sur piste — la présence non autorisée d’un véhicule ou d’un aéronef sur une surface dédiée au décollage ou à l’atterrissage.

Feux de piste, autorisations et chronologie précise

Le rapport note aussi que les feux rouges de piste étaient allumés pendant l’atterrissage et sont restés allumés jusqu’à ce que le camion atteigne le bord de la piste; ces feux se sont éteints environ trois secondes avant la collision. L’équipe de pompiers avait demandé l’autorisation de traverser la même piste environ deux minutes après l’atterrissage, soit 25 secondes avant l’accident.

Rapport préliminaire et conséquences attendues

Ce document préliminaire rassemble les entretiens et les premières analyses, mais ne contient pas encore de recommandations officielles; le rapport final doit préciser les mesures à prendre. Entre-temps, la combinaison d’un message ambigu, d’une réaction tardive et d’un manque d’identification électronique a suffi à transformer une procédure routinière en drame.

Publié le : 24 avril 2026
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