
Le 23 h 45 dimanche, un jet régional de Jazz Aviation opérant pour Air Canada en provenance de Montréal a percuté un camion de pompiers qui traversait la piste de l’aéroport LaGuardia. Les enregistrements de la tour de contrôle montrent que le véhicule avait d’abord reçu l’autorisation de traverser avant que le contrôleur ne tente de l’arrêter et de dérouter les appareils en approche. Dans l’enregistrement, on entend le contrôleur dire ensuite : « Je me suis planté. »
L’accident a laissé le nez de l’avion écrasé et la cabine déformée ; des passagers ont été évacués via des passerelles poussées contre les sorties de secours. À ce stade, la National Transportation Safety Board (NTSB) a ouvert une enquête et LaGuardia a été fermée pendant plusieurs heures avant de rouvrir lundi après-midi.
L'accident s'est produit à l'aéroport LaGuardia, dans le borough de Queens, à environ 14 kilomètres de Manhattan. Le jet régional de Jazz Aviation, opérant pour Air Canada, venait de Montréal.
Les deux pilotes ont péri dans la collision ; leurs noms n’ont pas été officiellement publiés, mais un membre de la famille a identifié l’un d’eux comme Antoine Forest. À bord se trouvaient environ 70 passagers et quatre membres d’équipage. Environ 40 personnes ont été transportées à l’hôpital, dont plusieurs gravement blessées ; la plupart ont été libérées lundi matin.
Deux pompiers qui se trouvaient dans le véhicule ont subi des blessures non mortelles : l’un devrait sortir de l’hôpital lundi, l’autre y passera encore une nuit, selon Kathryn Garcia, présidente de la Port Authority of New York and New Jersey. Parmi les survivants, la flight attendant Solange Tremblay a été projetée tout en restant attachée à son siège ; elle souffre de fractures multiples à la jambe et doit être opérée, mais sa fille assure qu’elle va « miraculeusement » bien.
Le camion répondait à une alerte sur un autre appareil, le vol United 2384, qui avait déclaré une urgence en raison d’une « odeur étrange » faisant se sentir mal des agents de bord pendant l’attente au sol. Ce même appareil avait auparavant refusé deux fois le décollage en raison d’un témoin d’anti-givre. Les conditions météorologiques au moment du choc étaient modestes : vent d’environ 7 nœuds et visibilité d’environ 6,5 km avec brume et brouillard, selon Bryan Bedford, responsable de la FAA.
Au-delà de l’enquête technique, l’accident relance le débat sur le personnel des tours de contrôle. Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, a refusé de dire combien de contrôleurs étaient de service au moment de l’impact, mais a nié les rumeurs selon lesquelles il n’y en avait qu’un seul et a précisé que la tour comptait 33 contrôleurs certifiés, avec l’objectif d’en avoir 37. La collision survient dans un contexte de tensions liées à la fermeture partielle du gouvernement, qui a perturbé le personnel aéroportuaire, notamment des agents de la TSA.