
Les questions demeurent les mêmes : l'humour est-il inné ou acquis ? Existe-t-il un humour véritable ? Est-ce que l'humour romantique est une invention du patriarcat ? Ce film, "Aïda et retour", tente de répondre à ces interrogations de manière anarchique et plaisante.
Ce film, sous l'égide de Paco Léon, est profondément nostalgique sans tomber dans la mélancolie. Il s'agit d'un hommage à une série qui a marqué une décennie, avec 238 épisodes. Ce sentiment de nostalgie est renforcé par le fait que les personnages vivent dans une jaula dorée, craignant la fin de leur histoire tout en désirant la conclure.
La date choisie, 2018, n'est pas anodine. C'est l'année du Metoo, un moment charnière qui a réveillé les consciences. Léon utilise cette période pour aborder des thèmes contemporains tout en jouant avec les genres et les limites entre la réalité et la fiction.
Paco Léon se distingue par sa capacité à déconstruire les stéréotypes. Dans "Aïda et retour", il franchit les frontières traditionnelles du cinéma et de la télévision. Le film oscille entre haute comédie et instincts primaires, tout en abordant des questions de correction politique.
Un personnage emblématique, touché par des conditions comme l'achondroplasie et l'hypertrichose, illustre cette complexité. Léon remet en question les normes tout en gardant un ton humoristique et respectueux.
"Aïda et retour" est plus qu'un simple film ; c'est un artefact métadiscursif. Il se construit et se déconstruit sous les yeux du spectateur, jouant avec les codes de la comédie. Léon réussit à mélanger haute comédie et humour décalé, créant une œuvre unique.
Le film propose également une relecture inattendue de "Opening Night" de John Cassavetes, offrant ainsi une perspective originale. Cette approche témoigne d'une créativité et d'une audace qui font la force de l'œuvre.
Au final, "Aïda et retour" se résume à un hamor inoubliable, incarné par une Carmen Machi mémorable. Le film laisse une empreinte durable, mêlant humour et émotion, tout en interrogeant notre rapport à la société. C'est une comédie qui, au-delà du rire, nous pousse à réfléchir.