
Près de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, Greenpeace a publié un nouveau rapport dénonçant la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie. Ce domaine reste épargné par les sanctions internationales. L’ONG antinucléaire souligne que ni la France ni l’UE n’ont mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom, le géant nucléaire public russe.
Selon Greenpeace, la France importe des quantités importantes d’uranium enrichi en Russie, ainsi que d’uranium naturel provenant du Kazakhstan et d’Ouzbékistan. Ces importations transitent souvent par le territoire russe. L’ONG rappelle que 18 % des importations d’uranium en France proviennent de Russie, selon une étude basée sur les chiffres des Douanes françaises.
En 2025, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont fourni près de la moitié de l’uranium naturel importé en France. Greenpeace affirme qu'une grande partie de ces importations transite toujours par Rosatom avant d’atteindre les ports de Dunkerque ou de Rotterdam. Cela soulève des questions sur le contrôle exercé par l’État russe sur le secteur minier kazakhstanais.
Pauline Boyer, chargée de campagne pour Greenpeace France, a déclaré que la France alimente l’économie russe, contribuant ainsi à sa machine de guerre. Elle appelle le gouvernement français et l’Europe à sanctionner Rosatom pour mettre fin à cette situation. Le commerce nucléaire avec Rosatom est jugé insupportable dans le contexte actuel.
À ce jour, la Commission européenne n’a pas annoncé de calendrier pour l’interdiction des importations de produits nucléaires russes dans l’UE. Ce sujet est au cœur d’intenses tractations entre les 27 États membres. L’étude de Greenpeace actualise des données d’un rapport précédent, mettant en lumière la dépendance française envers l’atome civil russe.
La France dépend entièrement de l’uranium pour faire fonctionner son parc nucléaire, qui a assuré plus de 86 % de la production électrique d’EDF en 2024. L’uranium naturel doit être converti et enrichi pour être utilisé comme combustible dans les centrales nucléaires. Orano gère une usine d’enrichissement au Tricastin, en Drôme.
En somme, la situation actuelle du commerce nucléaire entre la France et la Russie soulève de nombreuses préoccupations. Greenpeace met en lumière la nécessité d'une action immédiate pour sanctionner Rosatom et mettre fin à l’impunité. La dépendance de la France à l'uranium russe est un enjeu majeur dans le contexte géopolitique actuel.
Il est essentiel que des mesures soient prises pour réduire cette dépendance et garantir la sécurité énergétique de la France tout en respectant ses engagements internationaux. La pression sur les gouvernements européens pour agir se renforce, et le temps presse.