
Ils criaient à pleins poumons : « On est à boutte, Mme Rouleau ! », « On ne veut pas la charité, on demande d’être financés ! », « Pas de coupures, plus de mesures ! ». Vendredi, la rue Saint‑Charles Ouest, au Vieux‑Longueuil, a été envahie par une foule décidée : plus de 200 organismes communautaires de la Montérégie se sont rassemblés pour la manifestation organisée par Le communautaire à boutte.
La colère se lit sur les pancartes et dans les voix. Des représentants, des bénévoles et des usagers ont pris la parole avant de se répandre dans les rues environnantes. Martin Boire, directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) de l’agglomération de Longueuil, figurait parmi eux; la comédienne et animatrice Patricia Paquin est aussi venue appuyer le mouvement, évoquant sa propre expérience familiale.
Patricia Paquin a parlé de ce qu’elle voit à la maison et de l’importance des ressources : « [Je veux] faire entendre la voix des gens qui n’en ont pas une actuellement, qui ne se font pas entendre. » Elle a rappelé qu’elle vit entre autres avec un fils ayant un trouble du spectre de l’autisme, et que ces familles dépendent d’organismes communautaires sous‑financés. Ce n’est pas de la charité que réclament ces gens, mais des financements pérennes pour des services vitaux.
Le mouvement ne se limite pas à la Montérégie. Le collectif affirme représenter 1 800 organismes communautaires à travers la province, et dénonce le silence du gouvernement provincial face à une crise qui s’installe. Depuis environ une semaine, des moyens de pression sont déployés ; les organisateurs veulent transformer la visibilité en résultats concrets.
La marche de Longueuil n’est qu’une étape : une grande manifestation est prévue devant l’Assemblée nationale le 2 avril. Les porte‑parole espèrent ainsi forcer une réponse et obtenir des engagements fermes sur les financements, la stabilité des programmes et la protection des services qui touchent les plus vulnérables.
Plus de 200 organismes communautaires de la Montérégie se sont rassemblés à Vieux‑Longueuil. Le mouvement affirme représenter 1 800 organismes à travers la province.
La détermination est palpable : après des années de compression budgétaire et de bricolages financiers, le secteur communautaire dit ne plus pouvoir tenir. Les slogans claquent, les visages ne mentent pas, et l’appel est simple — et urgent : que le gouvernement cesse d’ignorer ceux qui, chaque jour, soutiennent des familles, des aînés et des personnes fragilisées.