
La fraude est un phénomène en constante évolution, et l’Urssaf se mobilise pour y faire face. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a récemment visité le centre Urssaf de Champs-sur-Marne pour présenter un projet de loi visant à lutter contre les fraudes, notamment le travail dissimulé. Cette initiative vise à fournir de nouveaux outils aux inspecteurs pour renforcer leur efficacité.
En 2025, l’Urssaf a mené environ 12 000 actions de contrôle en Île-de-France, dont la moitié à titre préventif. Didier Malric, le directeur de l’Urssaf en Île-de-France, a souligné que près de 800 millions d’euros de redressements avaient été effectués cette année. Depuis 2013, environ 121 millions d’euros ont été récupérés, témoignant de l'ampleur des fraudes sociales.
À l'échelle nationale, les fraudes sociales sont estimées à 13 milliards d'euros par an. La nouvelle loi devrait permettre d’optimiser le recouvrement et d’introduire des moyens juridiques pour contrer les stratégies des fraudeurs. Les inspecteurs ont besoin de procédures anonymisées et de saisies conservatoires pour récupérer des fonds.
Jean-Pierre Farandou a mis en avant les défis rencontrés par les inspecteurs, notamment face aux sociétés éphémères qui disparaissent après un redressement. Actuellement, les inspecteurs disposent d’un délai de 15 jours pour agir, mais souvent, les fonds ont déjà été transférés à l’étranger. Cela complique considérablement le recouvrement.
Un inspecteur a noté que ces sociétés frauduleuses ont souvent une simple adresse postale et peu d’employés déclarés. Ces pratiques rendent le travail des inspecteurs encore plus ardu, car ils doivent faire face à des structures complexes et à des sous-traitants multiples.
La nouvelle loi vise à mieux croiser les fichiers et à rendre le maître d’ouvrage responsable en cas de sous-traitance en cascade, notamment dans le secteur du BTP. Cette mesure permettrait aux inspecteurs de cibler les responsables financiers. Il est à noter que 80 % des sociétés redressées disparaissent dans l’année suivant le redressement.
Didier Malric a expliqué que la sous-déclaration des employés est fréquente. Parfois, une seule personne est déclarée alors que des centaines travaillent sans être comptabilisées. Cela montre l'ampleur des fraudes et la nécessité d'une réponse législative adéquate.
Face à des fraudeurs de plus en plus astucieux, l’Urssaf s’adapte. Les inspecteurs effectuent des recherches ciblées et croisent les fichiers pour détecter des anomalies. Par exemple, un patron se connectant souvent à 2 heures du matin peut éveiller des soupçons quant à sa localisation.
Pour améliorer leur réactivité, le nombre d’inspecteurs spécialisés a considérablement augmenté, passant de 35 en 2018 à 100 en 2026. De plus, 15 contrôleurs se concentrent sur les travailleurs indépendants, et 39 gestionnaires et juristes sont dédiés au recouvrement des créances frauduleuses.
La lutte contre la fraude est un enjeu crucial pour l’Urssaf et le gouvernement. Avec la mise en place de nouvelles lois et l’augmentation des ressources humaines, les inspecteurs espèrent devenir plus efficaces. La vigilance et l'adaptabilité sont essentielles pour contrer les pratiques frauduleuses qui menacent l'économie.