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Un couple britanno-danois risque d’être séparé de ses enfants par les nouvelles règles de passeport au Royaume-Uni

Couple britanno-danois avec leurs enfants, debout près de passeports britanniques et danois sur une table

Un couple apprend en vacances qu’il risque d’être séparé de ses enfants à Copenhague

En vacances en Norvège et au Danemark, un couple britannique‑danois a découvert par hasard une modification de la règle d’entrée au Royaume‑Uni qui pourrait les séparer de leurs enfants dès le contrôle à Copenhague. La nouvelle est tombée via les réseaux sociaux et a transformé un voyage familial en source d’angoisse.

Ce que exige la nouvelle règle et pourquoi la famille est concernée

Installée au Pays de Galles, la famille fait face à une obligation désormais stricte : présenter un passeport britannique — valide ou expiré — ou un « certificate of entitlement » dont le coût atteint £589. Sans cette preuve, certains ressortissants risquent de se voir refuser l’embarquement.

Alors qu’ils visitaient des proches pendant les vacances scolaires, James Scrivens et sa femme Sara ont appris sur les réseaux sociaux que leurs deux enfants, nés au Royaume‑Uni et âgés de huit et douze ans, pourraient être empêchés de voyager s’ils présentent uniquement un passeport danois sans autre document. Le plus jeune, Ianto, est âgé de huit ans et est né à Carmarthen ; tous deux ont la citoyenneté britannique de naissance mais ne possèdent aujourd’hui que des passeports danois.

La réaction immédiate des parents

Face à la surprise et à la panique, James Scrivens raconte l’absence d’avertissement ciblé : « À aucun moment nous n’avons été informés directement que ce changement aurait de telles conséquences immédiates pour des enfants nés au Royaume‑Uni voyageant avec un passeport non britannique. Il n’y a eu aucune communication ciblée pour les familles dans notre situation. Je l’ai seulement appris par hasard via les médias sociaux. »

Il espère que la compagnie aérienne fera preuve de clémence au moment de l’embarquement à Copenhague, sinon ses enfants pourraient devoir rester chez leurs grands‑parents pendant qu’au moins un des parents rentre au Pays de Galles pour demander leurs premiers passeports britanniques.

Les élus saisis et l’appel à une intervention urgente

Une députée alarmée par l’absence d’information

Craignant une séparation familiale, la famille a saisi Ann Davies, députée de Plaid Cymru, qui a demandé que le Home Office et le ministre concerné soient alertés « en urgence ». Mme Davies dit être « profondément bouleversée » par ce cas et affirme qu’elle fait tout son possible pour soutenir la famille ; elle qualifie les communications sur le changement de « désastreuses » et presse le gouvernement d’agir rapidement pour éviter d’autres traumatismes similaires.

La défense du gouvernement et ses arguments

De son côté, le ministre de l’immigration, Mike Tapp, a rejeté l’idée d’un manque de communication, estimant la critique « absurde ». Il affirme que l’annonce figure sur le site gouvernemental depuis 2024 et que des « sommes significatives » ont été consacrées à la diffusion du message, justifiant que ces mesures visent à renforcer la sécurité des frontières et s’inscrivent dans des pratiques comparables à celles d’autres pays.

Opposition politique : appels à une période de grâce et exemples étrangers

Plusieurs députés ont toutefois jugé la défense officielle insuffisante. Manuela Perteghella, députée libérale‑démocrate d’origine italo‑britannique, a fustigé la stratégie de communication : « Mettre des consignes sur un site web n’est pas une stratégie de communication. La communication a été totalement inadéquate. » Elle cite l’exemple du Canada, qui a retardé l’application stricte d’une mesure analogue et mis en place une autorisation temporaire à faible coût pour les binationaux pris au dépourvu — une solution qui, selon elle, « a fonctionné ».

Le Conservateur David Davis a aussi demandé une période de grâce, évoquant le cas concret d’une électrice de 91 ans privée de la visite de sa fille binationale, arrivée des Pays‑Bas, parce que le passeport de cette dernière a expiré le 13 février et que son renouvellement est toujours en cours.

Le coût humain d’une mise en œuvre sans transition claire

Au‑delà des arguments techniques sur la sécurité des frontières, l’affaire des Scrivens éclaire le prix humain d’une application soudaine et mal annoncée : des parents qui craignent d’être séparés de leurs enfants au retour d’un simple voyage familial. Néanmoins, si le gouvernement maintient la nécessité de contrôles stricts, plusieurs députés demandent une réponse plus pragmatique pour éviter que d’autres familles ne se retrouvent dans la même détresse.

En attendant une clarification officielle, cette famille et d’autres dans des situations similaires restent suspendues à la décision des autorités et à la souplesse éventuelle des compagnies aériennes — un rappel cinglant que la communication et les périodes de transition comptent autant que la loi elle‑même.

Publié le : 26 février 2026
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