
Le cas d'agression aggravée d'une femme Mi'kmaw devant la Cour suprême du Canada soulève des questions cruciales sur les options de sentencing pour les délinquants autochtones. Dans une interview avec CBC News, elle a partagé son expérience pour la première fois, affirmant qu'il est essentiel de trouver un équilibre entre la protection des femmes autochtones victimes et le traitement des délinquants.
Brittany Sack, la plaignante, a subi des violences de la part de son ancien partenaire, Harry Cope, également Mi'kmaw. L'agression a eu lieu le 27 juin 2021, et a été enregistrée par des caméras de surveillance. Elle a subi de sérieuses blessures, y compris des fractures au niveau de son œil et de son sternum, nécessitant une chirurgie plastique.
Malgré ses blessures, Sack n'a pas participé au processus judiciaire, craignant la discrimination en tant que femme autochtone. Elle a exprimé sa confusion sur la manière dont elle pouvait s'impliquer, ce qui souligne les défis auxquels sont confrontées les victimes dans le système judiciaire canadien.
Le cas de Sack soulève des questions sur la façon dont les tribunaux devraient évaluer le sentencing lorsque la victime et l'agresseur sont tous deux autochtones. Les décisions de la Cour suprême pourraient influencer la manière dont les affaires similaires sont traitées à l'avenir, en tenant compte des principes Gladue et des protections pour les femmes autochtones.
Les statistiques montrent que 86 % des personnes accusées d'avoir tué une femme ou une fille autochtone étaient elles-mêmes autochtones. Cela met en lumière la nécessité d'un équilibre dans le traitement des délinquants et des victimes.
La décision Gladue de 1999 a été un tournant dans la manière dont les tribunaux canadiens traitent les délinquants autochtones. Elle stipule que les tribunaux doivent considérer des facteurs systémiques tels que la discrimination et le traumatisme intergénérationnel. Les rapports Gladue, qui fournissent un contexte sur les délinquants autochtones, sont devenus essentiels dans le processus judiciaire.
Malgré ces avancées, des défis persistent. Par exemple, le système judiciaire des Territoires du Nord-Ouest n'utilise pas ces rapports, ce qui soulève des questions sur l'universalité de leur application.
Lors d'une audience récente, l'avocate de la Couronne a souligné l'importance de déterminer ce qui pourrait réellement dissuader Cope de récidiver. Son avocat a cependant noté que les autochtones au Canada sont neuf fois plus susceptibles d'être emprisonnés que les non-autochtones, ce qui remet en question l'efficacité de l'incarcération comme solution.
Cope fait face à de nouvelles accusations, y compris des tentatives de meurtre. Cela soulève des préoccupations quant à la façon dont le système judiciaire aborde la réhabilitation par rapport à la dissuasion.
Le cas de Brittany Sack illustre les défis complexes auxquels sont confrontés les systèmes judiciaires canadiens lorsqu'il s'agit de traiter des affaires impliquant des victimes et des délinquants autochtones. La Cour suprême du Canada doit trouver un équilibre entre la protection des victimes et les droits des délinquants, tout en tenant compte des réalités uniques des communautés autochtones. Les décisions prises dans cette affaire pourraient avoir des répercussions durables sur le traitement des affaires similaires à l'avenir.