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La Cour suprême aborde la dernière ligne droite du mandat

Façade de la Cour suprême des États-Unis à Washington, avec ses colonnes et marches au premier plan

Une fin de session qui peut redessiner un siècle de règles

La session de la Cour suprême arrive à son terme et, avant les vacances d’été, neuf juges vont trancher des dossiers qui remodèlent l’exécutif, l’immigration, le sport scolaire et le droit de vote. Les semaines à venir peuvent redessiner des règles en place depuis un siècle — ou les consolider.

La Cour suprême a déjà annulé les tarifs de M. Trump et affaibli la Voting Rights Act. Vingt-sept États ont adopté des lois interdisant aux sportives transgenres de concourir dans les équipes féminines.

La citoyenneté par le sol au banc des juges

Le président Trump a signé en janvier un décret visant à retirer la citoyenneté automatique aux enfants nés aux États‑Unis de parents en situation irrégulière ou temporaire, mais des tribunaux inférieurs l’ont gelé. Au cœur du litige : la clause de citoyenneté du XIVe amendement et l’Immigration and Nationality Act — qui accordent la nationalité à « toute personne née aux États‑Unis et soumise à sa juridiction ».

La Cour a entendu les arguments en avril et la majorité des juges semblait sceptique envers l’administration. Si la haute cour validait le décret, cela bouleverserait plus de cent ans d’interprétation constitutionnelle.

Le sport scolaire et la clause d’égalité pour les filles transgenres

Des lois d’État interdisant aux filles transgenres de participer aux équipes féminines arrivent devant la Cour via les affaires Little v. Hecox et West Virginia v. B.P.J. Ces interdictions existent désormais dans 27 États et touchent des lycéennes comme Becky Pepper‑Jackson et Lindsay Hecox, dont les recours ont déjà été jugés probablement inconstitutionnels par des cours d’appel.

La question posée est simple et lourde de conséquences : ces lois violent‑elles la clause d’égalité ou le Title IX ? La Cour a entendu ces dossiers en janvier et semblait encline à soutenir les interdictions, ce qui ferait école pour de nombreuses législations similaires.

Qui peut être licencié par le président ?

Le président a limogé Rebecca Slaughter, commissaire de la Federal Trade Commission, en dépit d’une loi de 1914 limitant les possibilités de révocation « pour inefficacité, négligence ou malversation ». L’affaire Trump v. Slaughter pose la question de la séparation des pouvoirs et pourrait remettre en cause la jurisprudence Humphrey’s Executor (1935).

Sur un autre front, Trump v. Cook concerne la tentative sans précédent de renvoyer Lisa Cook, gouverneure de la Réserve fédérale. Aucun président n’avait auparavant cherché à évincer un gouverneur de la Fed en 112 ans. La Cour a entendu ces deux dossiers en décembre et janvier ; elle paraissait prête à autoriser davantage de retraits d’agents indépendants, tout en traitant la Fed comme une entité « singulièrement structurée ».

Autres confrontations décisives

La haute cour doit aussi trancher si des États peuvent compter des bulletins postés avant, mais reçus après le jour du scrutin ( Watson v. RNC ) — quatorze États et Washington D.C. acceptent ces retards ; 29 États et D.C. autorisent au moins certains votes militaires et outre‑mer après Election Day. Les juges ont entendu cet argument en mars.

D’autres enjeux majeurs incluent la possible suppression de protections temporaires contre l’expulsion pour plus de 356 000 Syriens et Haïtiens, la légalité de plafonds de dépenses coordonnés entre candidats et comités (National Republican Senatorial Committee v. FEC), et la question du port d’arme par des usagers occasionnels de marijuana ( United States v. Hemani ). Les décisions à venir détermineront à la fois la portée du pouvoir présidentiel et la protection de millions de personnes sous des règles fédérales.

Publié le : 9 juin 2026
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