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Crack à Paris : 2 dealers du XIXe payés comme des patrons

Deux dealers de crack à Paris, XIXe arrondissement, interpellés par des policiers dans une rue urbaine.

Visages discrets, soupçons de richesse

Ils entrent dans la salle d’audience comme deux hommes qui veulent passer inaperçus : cheveux courts, barbichettes, épaules larges, regards bas. Mais la version qu’ils donnent ne colle pas avec les sommes qui circulent autour d’eux. Mam S. et Mohamed S. se disent Sénégalais et Gabonais, pauvres manutentionnaires, sans‑papiers et ex‑toxicomanes ; la justice les soupçonne d’avoir dirigé un commerce bien plus lucratif que leurs déclarations ne le laissent supposer.

Le point de deal du quai du Lot sous enquête

Les enquêteurs estiment que, entre début février et le 1er avril 2026, ces deux hommes ont tenu le point de deal du quai du Lot, dans le XIXe arrondissement. Là, chaque jour, venaient s’approvisionner des consommateurs que la procureure a désignée comme des « zombies du crack ». Selon les éléments présentés à l’audience, leurs revenus mensuels provenant de la drogue dépasseraient largement celui d’un cadre supérieur.

En salle d’audience: négations et preuves

Ils ont été présentés, ce vendredi 3 avril, devant le tribunal correctionnel de Paris. Âgés de 26 et 40 ans, les prévenus nient en bloc certaines accusations et mettent en avant leur situation de précarité. La salle compulse des écoutes, des photos et des saisies matérielles qui, aux yeux des policiers, fichent une organisation stable et rentable : pas un point de deal improvisé mais un petit fonctionnement commercial, avec clients réguliers et revenus constants.

Un comptoir sur le quai et une organisation présumée

La scène est simple et brutale : un quai transformé en comptoir, des consommateurs qui font la queue, des revenus qui s’accumulent loin du regard des autorités. Pour l’accusation, c’est exactement ce schéma qui explique pourquoi deux hommes qui se prétendent à bout de souffle financier pourraient en réalité toucher des sommes mensuelles comparables à celles d’un dirigeant d’entreprise. Les avocats, eux, demandent la nuance : précarité, dépendance et statut administratif compliqué sont, disent‑ils, des facteurs à prendre en compte avant de réduire leurs clients à l’étiquette de « patrons » du deal.

Procédure en cours et décisions à venir

La procédure suit son cours devant le tribunal correctionnel. Les faits qui leur sont reprochés couvrent une période précise — début février au 1er avril 2026 — et s’inscrivent au cœur d’un quartier où la consommation et la vente de crack ont pris racine ces derniers mois. Les décisions du juge seront rendues après que l’ensemble des preuves et des témoignages auront été examinés.

« Mam S. et Mohamed S. se disent Sénégalais et Gabonais, pauvres manutentionnaires, sans‑papiers et ex‑toxicomanes. »
Ils ont été présentés, ce vendredi 3 avril, devant le tribunal correctionnel de Paris.

Publié le : 7 avril 2026
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