
Le 29 novembre 2025, à Béziers dans l'Hérault, la maire Robert Ménard a installé pour la onzième fois une crèche dans la cour de l'hôtel de ville. Cet événement a suscité la réprobation des défenseurs de la laïcité. Les festivités de Noël ont pris une tournure particulière avec cette inauguration.
Lors de l'inauguration, une trentaine de petits chanteurs de La Trinité ont chanté des chants de Noël sur l'estrade. Cependant, à quelques mètres de là, des manifestants, tenus à distance par la police, ont exprimé leur désaccord avec des huées et de la musique moderne. Le contraste entre les célébrations et les protestations était palpable.
Les manifestants ont exprimé leur désapprobation à travers des pancartes. L'une d'elles indiquait : « La crèche, c’est super ! mais pas ici ». Ils ont souligné que, selon le principe de laïcité, une crèche n'a pas sa place dans un hôtel de ville. Sophie Mazas, avocate et militante, a rappelé l'importance de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
Elle a également critiqué l'inaction du préfet, affirmant que cela fait onze ans que le maire ne respecte pas les décisions de la justice administrative. La dernière décision du Conseil d’État lui interdit d'installer une crèche chaque année. Les manifestants se sont rassemblés pour faire entendre leurs voix et rappeler l'importance de la laïcité.
Robert Ménard, maire de Béziers, défend avec ferveur son choix d'installer la crèche. Il a souligné que cette tradition rassemble les gens et qu'il n'y a pas de prosélytisme dans cette initiative. Il a mentionné que chaque année, un livre d'or recueille entre 20 000 et 25 000 signatures, montrant l'enthousiasme des habitants pour cet événement.
Ménard a également précisé qu'il accueillera prochainement la communauté juive pour Hanoukka, soulignant ainsi une volonté de dialogue interreligieux. Pour lui, la crèche est un message d'amour et de partage, et non un acte de prosélytisme.
Alors que la nuit tombe, la foule s'épaissit sur le parvis de l'hôtel de ville. Évelyne, une habitante de Perpignan, a déclaré : « Ça fait partie des traditions, c’est sympa pour les gamins ». Elle estime qu'il y a des problèmes plus graves à traiter. D'autres, comme George, un retraité de Béziers, partagent ce sentiment, affirmant que cela ne dérange personne.
Julien, un jeune de 22 ans, a également exprimé son opinion. Bien qu'il comprenne les préoccupations concernant la laïcité, il garde de bons souvenirs de sa visite à la crèche pendant son enfance. Ces témoignages montrent que, pour certains, la crèche est un moment de nostalgie et de joie.
L'inauguration de la crèche à Béziers a suscité des réactions contrastées. D'une part, elle est célébrée comme une tradition festive, et d'autre part, elle est critiquée pour son incompatibilité avec le principe de laïcité. Ce débat met en lumière les tensions entre tradition et modernité dans la société française actuelle.