
La question de savoir si la criminalité aux États-Unis est à un niveau historiquement bas suscite de nombreux débats. Récemment, le président Donald Trump a affirmé que la criminalité et les meurtres avaient atteint leur plus bas niveau en 125 ans. Cette déclaration a été attribuée à son engagement indéfectible à restaurer la loi et l'ordre.
Les homicides devraient atteindre un niveau historiquement bas selon certaines études. Toutefois, la même tendance ne s'applique pas nécessairement à la criminalité violente, même si celle-ci a connu une baisse significative. Une analyse des statistiques criminelles par l'expert Jeff Asher révèle que le taux de criminalité violente était de 348,6 pour 100 000 habitants en 2024, le plus bas depuis 1969.
Il est important de noter que l'FBI ne publie pas de statistiques complètes sur la criminalité violente avant 1960. Cela complique l'évaluation précise des affirmations selon lesquelles la criminalité serait à son niveau le plus bas en 125 ans. Asher souligne que les données de l'FBI ne peuvent pas prouver ou infirmer cette affirmation.
Trump a également déclaré que les chiffres de janvier montraient que les États-Unis avaient "le plus bas nombre de meurtres dans l'histoire de notre pays". Lorsqu'on a interrogé la Maison Blanche sur la source de ces affirmations, elle a cité une étude du Council on Criminal Justice (CCJ). Cette étude prédit une baisse des homicides à environ 4,0 pour 100 000 résidents en 2025, ce qui serait le taux le plus bas jamais enregistré.
Cependant, cette prévision comporte des incertitudes. L'FBI n'ayant pas encore publié de chiffres nationaux pour 2025, les auteurs de l'étude soulignent que des révisions substantielles pourraient modifier ces estimations. Malgré cela, la tendance semble indiquer que les taux d'homicides pourraient rester parmi les plus bas observés depuis 1900.
La Maison Blanche a attribué la baisse de la criminalité violente aux politiques de Trump, en particulier en augmentant les ressources fédérales dans les villes dirigées par des démocrates. Toutefois, plusieurs experts s'accordent à dire que la baisse de la criminalité violente est en grande partie le résultat d'une tendance post-pandémique. Alex Piquero, professeur de criminologie, a noté que des politiques de prévention de la criminalité ont été mises en œuvre avant le retour de Trump à la présidence.
Ces stratégies, qui incluent un policing ciblé sur les zones violentes, semblent avoir été négligées pendant la pandémie. Adam Gelb, président du CCJ, a également évoqué des changements sociétaux post-Covid qui pourraient avoir contribué à cette baisse. Des facteurs tels qu'une consommation d'alcool réduite pourraient également jouer un rôle.
Il est intéressant de noter que d'autres pays ont également observé des baisses similaires de la criminalité. Par exemple, en Angleterre et au Pays de Galles, le nombre d'homicides a atteint son plus bas niveau depuis 2003. Professeur Piquero souligne que, bien que d'autres pays occidentaux aient connu des baisses de la criminalité, leurs taux restent généralement inférieurs à ceux des États-Unis.
Cela soulève des questions sur les différences structurelles entre les systèmes de justice pénale et les facteurs socioculturels qui influencent la criminalité. Comprendre ces nuances est essentiel pour évaluer la situation actuelle de la criminalité aux États-Unis.
En résumé, bien que des affirmations aient été faites concernant des niveaux historiquement bas de criminalité et de meurtres aux États-Unis, les données et les analyses montrent une image plus nuancée. La baisse de la criminalité semble être influencée par divers facteurs, allant des politiques publiques aux changements sociétaux. Il est crucial de continuer à examiner ces tendances pour comprendre pleinement leur impact sur la société américaine.