
Du tribunal de Créteil aux rives du lac Léman, un homme de 38 ans a été interpellé le 11 février en Suisse. Cet individu avait fui la veille de sa condamnation à neuf ans de prison pour viol par la cour criminelle du Val-de-Marne. Selon les informations, il a été arrêté par les autorités helvètes et extradé vers la France.
Son avocat, Me Tarek Koraitem, a confirmé son incarcération en France. L'affaire remonte au 27 janvier, jour où la cour devait rendre son verdict après le procès de cet homme originaire du Sri-Lanka.
Lors de son procès, il était jugé pour un viol commis en 2018 sous la menace d’une arme, sur la femme de son ami. Au premier jour d’audience, l’accusé a nié les faits, évoquant un « complot » visant à le faire partir du logement. Le jour suivant, il ne s'est pas présenté au tribunal, ce qui a été considéré comme un manque de stratégie par l'avocat de la partie civile, Me Patrick Berdugo.
Me Berdugo estime que cette fuite constitue un « aveu de culpabilité ». En revanche, Me Koraitem a dénoncé un procès mené « à charge » et a souligné que son client avait agi par peur.
Malgré son absence, la cour criminelle a déclaré l'accusé coupable et l'a condamné à neuf ans de prison, assortie d'un mandat d'arrêt. Le parquet de Créteil a alors saisi la brigade d'exécution des décisions de justice (BEDJ) de la police judiciaire parisienne pour localiser le fugitif.
Les enquêteurs, surnommés les « marshals », ont mené des investigations minutieuses. Ils ont rapidement localisé le trentenaire à Vevey, près du lac Léman. D'après une source, il s'agissait d'une première étape pour rejoindre la Grande-Bretagne.
Les enquêteurs français ont collaboré avec leurs homologues de la police cantonale vaudoise pour procéder à son arrestation. Un dispositif de surveillance a été mis en place près de l'adresse fournie par la brigade des fugitifs de la PJ.
Le mercredi suivant, les policiers suisses ont repéré l'homme correspondant à la description du suspect. Il a été interpellé dans la rue, tentant de se soustraire au contrôle en fournissant une fausse identité.
Finalement, il a été identifié grâce à ses empreintes et écroué en attendant son extradition, qui a eu lieu ce vendredi. Me Berdugo a exprimé le soulagement de sa cliente d'apprendre que justice serait faite.
Me Koraitem, pour sa part, a indiqué son intention de faire appel du jugement de la cour criminelle. Cette affaire soulève des questions sur la justice et la coopération internationale.
L'interpellation de cet homme en Suisse illustre l'importance de la coopération entre les forces de l'ordre de différents pays. Alors que la justice suit son cours, les avocats préparent déjà leurs prochaines étapes. L'affaire reste à suivre avec attention.