
Une alerte enlèvement a été déclenchée le samedi 21 février pour retrouver trois enfants enlevés par leurs parents à Épinay-sur-Seine. Dalia, la plus jeune, âgée de six semaines, a été retrouvée dans un hôpital. En moins de douze heures, les autorités ont réussi à localiser Dalia, un nourrisson souffrant d’une cardiopathie.
Le bébé avait été enlevé avec ses deux frères et sœurs à la suite d'une décision de placement à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Dalia a été déposée par une femme non identifiée à l’hôpital Saint-Vincent de Paul à Lille, avec son dossier médical. Le procureur de Bobigny, Éric Mathais, a confirmé que Dalia était « en bonne santé » lors d'une conférence de presse.
Les deux autres enfants, Naël, 18 mois, et Éline, deux ans, sont toujours recherchés. Éric Mathais a salué le geste des parents en déposant Dalia et a appelé le couple à se présenter rapidement à la police. Il a souligné que les enfants « ont besoin d’être pris en charge rapidement » pour leur sécurité.
Un signalement de la cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) a conduit à une ordonnance de placement provisoire pour les trois enfants. Les parents, Abdelkader Benabderrahmane et Chaima Hattab, avaient été expulsés d’un squat, laissant leurs enfants dans un état préoccupant.
Des traces de stupéfiants ont été détectées dans le sang de Dalia. Lorsque les éducateurs ont tenté d'exécuter l'ordonnance de placement, les parents ont résisté et ont pris la fuite. Les enquêteurs, après avoir pris contact avec les médecins, ont constaté un risque vital pour le bébé sans soins adaptés.
C'est ce qui a motivé le déclenchement de l’alerte à 5h45 du matin. Plus de 400 appels ont été reçus en quelques heures, dont plus de la moitié ont fourni des informations utiles à l'enquête. Jean-Paul Mégret, chef du SDPJ 93, a indiqué que près de 40 fonctionnaires étaient mobilisés pour retrouver les enfants.
La Direction zonale de police judiciaire (DZPJ) Nord a été impliquée dès le matin. Les enquêteurs ont identifié des contacts entre la mère et une personne à Lille. Plusieurs squats de la métropole ont été visités durant la journée. À 16h05, Dalia a été déposée à l'hôpital par une femme voilée, non identifiée à ce jour.
Le personnel hospitalier a rapidement fait le lien avec l’alerte enlèvement. À 16h40, le directeur de l'hôpital a contacté le numéro dédié aux recherches, soulignant l’efficacité de l’opération. L’alerte a été levée, aucune urgence vitale ne pesant sur les deux autres enfants.
Le grand-père et la grand-mère des enfants sont toujours en garde à vue. Ils pourraient être présentés à un juge d’instruction concernant l’enlèvement de mineurs en bande organisée. Le procureur a rappelé que pour être efficace, une alerte enlèvement doit être émise dans un délai court.
Les investigations se poursuivent pour localiser la famille et assurer la sécurité des enfants. La situation reste préoccupante et nécessite une attention continue des autorités.