
Dans son offensive sur le Groenland, l’administration Trump remet en question la souveraineté danoise sur ce territoire autonome. Cette semaine, Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, a posé une question provocante : « De quel droit le Danemark revendique-t-il le contrôle du Groenland ? »
Donald Trump a également déclaré que le fait que le Danemark ait débarqué sur l’île il y a 500 ans ne signifie pas qu'ils possèdent le territoire. Washington lorgne sur cette île arctique depuis la doctrine Monroe de 1824, tentant à plusieurs reprises de l’acheter sans succès.
La relation historique entre le Groenland et le Danemark remonte au Xe siècle, lorsque des Vikings norvégiens et danois s'installent sur l'île. Ces nouveaux arrivants fondent des colonies au sud et, en 1261, reconnaissent l’autorité du royaume de Norvège. Ainsi, le Groenland est formellement rattaché à une couronne européenne.
Au XVIIIe siècle, les royaumes unis du Danemark et de Norvège investissent le Groenland, bien que l'île soit presque abandonnée. Les colonies nordiques disparaissent et le territoire perd tout contact avec l'Europe, mais la couronne dano-norvégienne continue de revendiquer sa souveraineté.
La colonisation danoise moderne débute en 1721 avec l’arrivée du missionnaire Hans Egede. En 1814, le traité de Kiel attribue le Groenland au Danemark, qui devient officiellement une colonie. À partir de ce moment, le Danemark met en place une administration continue et développe des institutions sur l'île.
En 1933, un arrêt de la cour permanente de justice internationale confirme la souveraineté de Copenhague. Le statut de colonie de l'île ne changera pas jusqu'à son intégration au royaume du Danemark en 1953, permettant aux députés autochtones de siéger au Parlement danois.
En 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, le Danemark occupé permet aux États-Unis de construire des bases militaires sur l'île pour protéger le continent américain. À la fin de la guerre, les États-Unis possèdent 15 bases militaires au Groenland, mais il n’en reste qu’une, celle de Pituffik.
En 1979, le Groenland obtient son autonomie tout en restant un pays constitutif du royaume danois. Cette quête d'indépendance est renforcée en 2009 avec la reconnaissance du peuple groenlandais comme un peuple distinct, ayant droit à l’autodétermination.
Actuellement, Copenhague conserve des compétences régaliennes au Groenland, mais ce dernier choisit de rester au sein du royaume. Les dirigeants groenlandais affirment que le Groenland n'est pas à vendre et qu'il décidera de son futur. Ils soulignent que l’avenir du Groenland doit être décidé par le peuple groenlandais.
La coalition au pouvoir ne prévoit pas de rompre immédiatement avec le Danemark pour devenir un État de plein droit. Cependant, ils n'excluent pas de se détacher du royaume à long terme. « Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais », ont-ils déclaré.
La question de la souveraineté du Groenland reste complexe et chargée d'histoire. Alors que le monde observe les tensions entre le Groenland et le Danemark, il est clair que la voix du peuple groenlandais sera déterminante pour l'avenir de ce territoire arctique.