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« Ce n’est pas à cause de cette odeur de pourri qu’on vit à la campagne » : dans la Manche, une décharge qui rend fou

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Une vie perturbée par les nuisances

« C’est l’enfer. » C’est ainsi qu'Anaïs Jacq décrit la situation qu'elle, son mari, et ses deux enfants vivent depuis des années. Les riverains, à une dizaine de kilomètres à la ronde, subissent des nuisances qui se sont aggravées ces trois dernières années. Le centre Veolia d’enfouissement de déchets du Ham, situé à trois kilomètres de chez elle, reçoit quotidiennement entre 100 et 200 camions, déchargeant jusqu’à 125 000 tonnes d’ordures ménagères par an. Cette activité entraîne la libération d’hydrogène sulfuré, une substance à l’odeur insupportable d'œuf pourri.

« Hier soir encore, l’odeur était intenable, » raconte Anaïs. En fermant toutes les fenêtres et en coupant les ventilations, elle espérait atténuer la situation. Pourtant, même ces précautions ne suffisent pas. « On se réveille avec des maux de tête, la gorge irritée et les yeux qui piquent. Est-ce cela la vie à la campagne ? » Cette odeur désagréable imprègne leur quotidien.

Une réalité insupportable

Anaïs, installée dans le village depuis sept ans, ne se laisse pas abattre. « Quand nous avons acheté, nous ignorions l’existence de ce centre. Au début, c’était supportable, mais les choses ont changé. » Elle se souvient des étés où elle dînait en extérieur avec des amis, mais où il fallait rapidement rentrer à cause des nausées qui survenaient. « Même les automobilistes ferment leurs fenêtres en passant. »

Le maire du Ham partage ce constat : « Je suis solidaire des riverains. Je ressens aussi ces odeurs insupportables chez moi. C’est psychologiquement très difficile pour les familles. » Les médecins locaux ont également remarqué une augmentation des symptômes ORL et respiratoires chez les riverains, en particulier chez les enfants.

Des conséquences sanitaires inquiétantes

Le Dr Claire Favez, médecin local, souligne que les syndromes respiratoires sont fréquents chez les enfants vivant près de la déchetterie. « Quand je demande où habitent les familles, la réponse est toujours la même : près de la déchetterie. C’est parfois si préoccupant que je suggère aux familles de déménager. »

Face à ces préoccupations, Veolia ne nie pas la situation. « Nous sommes conscients des nuisances et prenons la question sanitaire très au sérieux. » Jean-Marc Herambourg, délégué régional Veolia, indique qu’un investissement de 1,5 million d’euros a été réalisé l’an dernier pour améliorer la situation, bien que tout ne soit pas encore résolu.

Un choix difficile à faire

Malgré ces nuisances, Anaïs et sa famille ne souhaitent pas quitter leur domicile. « Notre vie est ici, nos enfants ont grandi ici, et nous aimons cette campagne. Pourquoi devrions-nous sacrifier cela à cause de nuisances dont nous ne sommes pas responsables ? » L’attachement à leur communauté et à leur mode de vie est fort.

Elle ajoute que financièrement, déménager serait difficile. « À cause de cette situation, toutes nos maisons ont perdu au moins 20 % de leur valeur. » Cela rend encore plus complexe la décision de partir.

Conclusion

La situation d'Anaïs Jacq et des riverains du Ham illustre les défis quotidiens auxquels ils font face. Entre les nuisances insupportables et les impacts sur leur santé, la vie dans cette région est devenue un véritable combat. Leur attachement à leur communauté et à leur cadre de vie rend la situation encore plus tragique. Ils espèrent un changement, mais la réalité reste difficile à supporter.

Publié le : 28 janvier 2026
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