
Le premier budget fédéral du Premier ministre Mark Carney a été présenté, marquant un tournant pour l'économie canadienne. Ce budget ambitieux vise à répondre aux défis posés par les tarifs américains tout en transformant le paysage économique du pays. Avec un déficit prévu de 78 milliards de dollars canadiens, le gouvernement mise sur des investissements futurs pour compenser cette situation.
Ce budget, qualifié de budget d'investissement, prévoit une augmentation significative du déficit. Le gouvernement espère attirer 1 trillion de dollars d'investissements au cours des cinq prochaines années. Toutefois, cela s'accompagne de coupes budgétaires, notamment une réduction de la taille de la fonction publique de 10 %.
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a souligné l'importance d'agir rapidement pour faire face à un changement profond dans l'économie canadienne. Le budget inclut des mesures pour soutenir les secteurs touchés par les tarifs, tout en visant à renforcer la compétitivité du pays.
Les tarifs imposés par les États-Unis ont déjà eu des conséquences sur l'économie canadienne, entraînant des pertes d'emplois. Le budget propose un investissement de 280 milliards de dollars pour améliorer la productivité et la résilience du Canada. Cela inclut la modernisation des infrastructures commerciales pour doubler les exportations vers des marchés non américains.
Des experts, comme Rebekah Young de Scotiabank, ont noté que le budget vise à réduire les délais et à simplifier les réglementations. Cependant, elle a mis en garde contre la difficulté de vendre ces mesures à des Canadiens en proie à la hausse du coût de la vie.
Le budget prévoit également près de 82 milliards de dollars pour la défense, la plus grande allocation en décennies, alignant le Canada sur ses engagements de l'OTAN. Cela vise à garantir que le pays dépense 2 % de son PIB pour sa défense d'ici la fin de l'année.
En outre, le gouvernement parie sur l'innovation, avec un investissement de 1 milliard de dollars pour intégrer l'intelligence artificielle dans les opérations gouvernementales. Cela pourrait transformer divers secteurs et améliorer l'efficacité.
Les Canadiens doivent s'attendre à des sacrifices avec une réduction de la taille du gouvernement, entraînant la perte de 40 000 emplois d'ici 2029. De plus, l'aide internationale sera ramenée à des niveaux d'avant la pandémie, et les cibles d'immigration seront légèrement réduites.
Le budget doit être approuvé par le parlement canadien avant sa mise en œuvre. Le gouvernement de Carney, qui n'a pas la majorité, devra obtenir le soutien d'autres partis pour faire passer son plan fiscal. L'opposition conservatrice a déjà exprimé le souhait d'un budget plus abordable.
Le budget de Mark Carney représente un moment décisif pour l'économie canadienne, avec des défis considérables à relever. Bien que des investissements massifs soient proposés, la réaction des Canadiens face à ces mesures sera cruciale. Le succès de ce plan dépendra de la capacité du gouvernement à naviguer dans un environnement politique complexe tout en répondant aux besoins immédiats de la population.