
La situation de l’ancienne usine à gaz de La Rochelle suscite de vives tensions dans la campagne des élections municipales. Si le plan proposé par les services de l'État est validé, une tente de confinement pourrait bientôt recouvrir l’intégralité du site, marquant une nouvelle étape dans un chantier controversé.
Le chantier de dépollution de l’ex-usine à gaz a déjà provoqué des scandales. Depuis le début des travaux en 2024, des centaines d’adultes et d’enfants ont signalé des symptômes tels que des nausées et des douleurs abdominales. La proximité de l’ensemble scolaire Fénelon Notre-Dame, situé à moins de 500 mètres, soulève des inquiétudes majeures.
La société Speed Rehab, en collaboration avec Brownfields et Vinci Immobilier, a récemment soumis un nouveau protocole pour finaliser la dépollution. La préfecture de la Charente-Maritime a exprimé un haut niveau de vigilance, et le projet est actuellement en cours d'expertise par le BRGM.
Le maire de La Rochelle, Thibaud Guiraud, a détaillé le calendrier des travaux. Le montage de la tente de confinement devrait se dérouler d’avril à août 2026, suivi par le début des travaux de dépollution en septembre. Ces travaux se poursuivront sans interruption jusqu’en novembre, y compris pendant les périodes scolaires.
Si tout se passe comme prévu, le démontage des installations débutera en janvier 2027. Thibaud Guiraud insiste sur l'importance de ne plus avoir de mouvements de terres à l’air libre, et le nouveau protocole de Speed Rehab s'étendra également au chantier de terrassement.
La campagne électorale à La Rochelle est marquée par des positions divergentes sur le projet de dépollution. La candidate Maryline Simoné, soutenue par plusieurs partis, appelle à l'abandon du projet et réclame une concertation avec les riverains. Elle se questionne sur le financement d'une telle opération, affirmant que « nous ne pouvons accepter de tels symptômes pour nos enfants ».
De son côté, Christophe Batcabe, candidat du centre-droit, reste prudent. Il déclare qu'il n'a « pas d’avis définitif » et souligne la nécessité de mener des analyses approfondies avant de reprendre les travaux. Le député Olivier Falorni critique également le chantier, le qualifiant d'« exemple de ce qu’il ne faut pas faire », et propose une zone de reconquête végétale.
Thibaud Guiraud a souligné les défis financiers liés à l’achat du terrain de l’ex-usine à gaz. Selon lui, le coût de rachat serait d’au moins « 10 millions d’euros », ce qui compromettrait d'autres projets pour la ville. Il défend l'idée de continuer la dépollution, critiquant le clientélisme de ses adversaires.
Il insiste sur le fait que les sociétés propriétaires du terrain, Speed Rehab et Vinci, ont un permis valide pour leurs travaux. Guiraud considère que changer de cap serait irréaliste et que la ville doit aller de l'avant avec la dépollution.
La situation autour de l’ex-usine à gaz de La Rochelle est complexe et soulève de nombreuses questions. Le débat sur la dépollution et les projets futurs continue de diviser les candidats aux élections municipales. La santé publique et la sécurité des riverains demeurent des priorités, alors que la ville se prépare à des décisions cruciales dans les mois à venir.