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Le détroit d’Ormuz ouvert aux pays hors guerre avec l’Iran

Carte du détroit d’Ormuz avec routes maritimes et navires, entre l’Iran et la péninsule Arabique

Qui peut traverser le détroit d'Ormuz ?

Le détroit d'Ormuz reste ouvert — mais seulement pour ceux qui ne sont pas en guerre avec l'Iran. En déplacement à New Delhi pour une réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, le ministre iranien Abbas Araqchi a précisé ce vendredi que les navires appartenant à des pays non belligérants pouvaient traverser le passage stratégique.

Il a ajouté que Téhéran n'avait « aucune confiance » dans les États-Unis et ne négocierait « qu'avec un interlocuteur sérieux », affirmant en même temps que l'Iran tentait de maintenir le cessez‑le‑feu pour laisser une chance à la diplomatie.

Washington et Pékin : récits complémentaires après le sommet

De l'autre côté, Washington et Pékin ont livré deux récits complémentaires après un sommet bilatéral marqué par des paroles rassurantes. Donald Trump, qui quittait la Chine à bord d'Air Force One, a déclaré qu'il avait reçu l'engagement ferme de Xi Jinping selon lequel la Chine ne fournirait pas de matériel militaire à l'Iran.

Il a aussi rapporté que Xi lui avait proposé son aide concernant le détroit d'Ormuz : « Si je peux être d'une quelconque aide, je serai ravi d'aider », a dit M. Trump. Pékin, pour sa part, a publié un communiqué appelant à un cessez‑le‑feu complet et demandant la réouverture du détroit « dès que possible », tout en se disant prêt à jouer un « rôle constructif » dans les efforts de paix.

Quel est l'enjeu économique du passage ?

Le détroit d'Ormuz transporte habituellement un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Depuis le 28 février, l'Iran bloque en grande partie la navigation dans le détroit.

Ces deux phrases résument l'enjeu : un point de passage fermé ou perturbé pèse sur l'économie mondiale et sur l'équilibre stratégique dans la région. Depuis le début du conflit opposant l'Iran aux États‑Unis et à Israël le 28 février, Téhéran a limité le trafic dans le détroit, tandis que les États‑Unis ont imposé leur propre blocus naval contre les ports iraniens. Un cessez‑le‑feu fragile est en vigueur depuis le 8 avril, mais les risques de nouvelles escalades restent élevés.

Extension régionale : du Sud‑Liban au golfe Persique

En parallèle, le conflit s'étend sur d'autres fronts. Dans le Sud‑Liban, l'armée israélienne affirme mener des frappes contre le Hezbollah, montrant que la flambée de violence n'est pas confinée au golfe Persique.

Entre assurances publiques, blocages maritimes et déclarations diplomatiques, la situation demeure fluide : chacun clame vouloir préserver la paix, mais personne ne paraît prêt à baisser la garde. La partie politique est lancée. Reste à voir si les promesses — verbales ou écrites — suffiront à rouvrir vraiment le détroit et à transformer un cessez‑le‑feu fragile en une vraie négociation.

Publié le : 15 mai 2026
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