
Le 2 avril 2026, l’application MiDNI entre en vigueur et permet de s’identifier légalement avec son téléphone mobile. Le QR affiché par l’application est généré par la Policía Nacional et reste valide pendant 60 secondes.
C’est une révolution discrète : le smartphone devient une clé d’identité officielle, mais sans remplacer le papier. La Policía Nacional précise que le DNI mobile offre les mêmes garanties que le document physique et que, dès aujourd’hui, les entités publiques et privées sont tenues de l’accepter. On pourra s’en servir chez le notaire, pour des démarches administratives, à l’enregistrement d’un hôtel, pour louer une voiture, récupérer un colis ou retirer des médicaments en pharmacie.
Le fonctionnement mise sur la simplicité et le contrôle. L’utilisateur ne voit pas une image de sa carte mais un code QR qui contient les données choisies par lui ; ce QR disparaît après une minute et il faut en générer un nouveau. Le code peut être scanné par tout autre appareil muni de l’application MiDNI. Trois niveaux d’informations sont proposés selon le besoin : « DNI Edad » (photo, nom et preuve de majorité), « DNI Simple » (photo, nom, prénoms, sexe et validité) et « DNI Completo » (toutes les données du format physique).
L’enregistrement initial reste contraignant par choix de sécurité. Il faut d’abord posséder un DNI physique en vigueur et le certificat électronique — autrement dit les clés de vérification — pour lier sans ambiguïté un numéro de téléphone mobile à une identité. L’opération peut se faire en ligne sur www.midni.gob.es, dans des commissariats, unités de documentation ou dans les mairies disposant de Puntos de actualización de documentación. Après cette étape, l’utilisateur télécharge l’application, saisit les numéros du DNI et de support, crée un mot de passe et confirme par SMS.
Des garde-fous sont prévus : un seul numéro de mobile peut être associé à un DNI et, en cas de perte ou de vol du téléphone, la version numérique peut être annulée via une plainte. La Policía Nacional insiste sur un point clé : le DNI mobile est « complémentaire » au document physique et ne le remplace pas ; le titre traditionnel reste à renouveler lorsqu’il expire et doit être signalé en cas de vol ou de perte.
Ce lancement s’inscrit dans le programme d’identité numérique DNI3, financé par le Fonds de l’Union européenne pour la reprise et la résilience. Il arrive exactement vingt ans après l’introduction de la puce cryptographique dans le DNI, en 2006, qui avait déjà permis d’attester l’identité numérique et de signer des documents juridiquement. Le premier DNI date de 1944 ; ses précédents administratifs remontent à 1824.