
La guerre se joue désormais sur deux registres contradictoires : diplomatie feutrée d’un côté, rafales et missiles de l’autre. Donald Trump a fait passer mardi à Téhéran un plan de paix en 15 points transmis par l’entremise du Pakistan. Pendant ce temps, Téhéran a assoupli ses consignes : les « navires non hostiles » peuvent emprunter le détroit d’Ormuz à condition de respecter les règles de sécurité.
Le détroit d’Ormuz a été ouvert aux "navires non hostiles". Au moins neuf personnes ont été tuées dans trois raids israéliens dans le sud du Liban.
Le plan en 15 points mixe pression et concessions. Cinq des points ciblent le programme nucléaire iranien ; d’autres exigent que l’Iran cesse de soutenir ses « proxys » régionaux, comme le Hezbollah ou le Hamas. Un volet insiste pour que le détroit d’Ormuz reste ouvert à la navigation, reprise qui a visiblement influé sur les marchés pétroliers.
Téhéran a formalisé son assouplissement par un communiqué transmis à l’Organisation maritime internationale, demandant que les navires respectent « les règles de sûreté et de sécurité ». Cette ouverture partielle met de l’eau dans le gaz : elle vise à calmer les craintes d’une interruption des flux maritimes, sans pour autant signer la fin des hostilités.
Sur le terrain, l’escalade continue. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir tiré des missiles et lancé des drones vers le nord et le centre d’Israël, ainsi que vers des bases militaires utilisées par les États-Unis au Koweït, au Bahreïn et en Jordanie. Un réservoir de carburant de l’aéroport international du Koweït a pris feu après avoir été visé par des drones ; les autorités n’ont pas fait état de blessés.
Israël, de son côté, a frappé dans le sud du Liban : au moins neuf personnes sont mortes dans trois raids nocturnes menés contre des localités considérées comme des bastions du Hezbollah. L’armée israélienne a appelé les habitants à évacuer certains quartiers de la banlieue sud de Beyrouth avant de nouvelles frappes, accentuant la pression sur une région déjà fragile.
Les États-Unis se préparent à renforcer leur présence : l’armée américaine doit déployer au moins 1 000 soldats de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient, unité d’intervention rapide basée à Fort Bragg. Certaines estimations évoquent jusqu’à 3 000 soldats. Ce déploiement vise à dissuader une contagion plus large, mais il montre aussi combien la situation peut basculer rapidement.
Résultat immédiat : les prix du pétrole ont replongé. Le Brent de la mer du Nord est retombé sous les 100 dollars, à 99,61 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate valait 88,79 dollars. Entre manœuvres diplomatiques et frappes militaires, la région demeure sur un fil : un geste politique ne suffit pas encore à arrêter les ripostes.