BUENODIA

Donald Trump torpille la lutte mondiale contre le climat

Donald Trump devant des drapeaux américains, parlant au pupitre lors d’un discours officiel.

Le dessein énergétique de Donald Trump

Donald Trump a un plan simple et cohérent: détruire ce qui ressemble de près ou de loin à une politique climatique, et décider que l’avenir énergétique des États-Unis passe par le pétrole et le gaz. Depuis son retour à la Maison‑Blanche, il n’a rien lâché sur ce front — contrairement à ses volte‑faces sur d’autres sujets, ici la trajectoire est nette, dure et sans détour.

L’accord de 928 millions signé à Houston

Le 23 mars 2026, TotalEnergies a accepté 928 millions de dollars pour renoncer à deux concessions d’éolien en mer aux États‑Unis et s’engage à réorienter ces capitaux vers des projets pétroliers et gaziers américains. L’accord a été signé à Houston, lors de la conférence CERAWeek, par Patrick Pouyanné et le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum.

« Cette administration croit aux réalités énergétiques, pas aux fantasmes climatiques », a déclaré Burgum en présentant l’opération comme « gagnant‑gagnant ». TotalEnergies justifie son choix par des motifs économiques — l’éolien « n’est pas la méthode la moins chère » pour produire de l’électricité aux États‑Unis — mais l’étau politique était évident.

Changement de tactique et réactions des groupes

Le gouvernement américain a longtemps gelé les permis accordés sous l’administration précédente; face aux revers judiciaires, il a changé d’arme: le chèque. L’idée est claire — décourager l’éolien en rendant la poursuite judiciaire moins rentable et en poussant les compagnies vers le gaz et le pétrole sur sol américain.

Total s’est dit « pragmatique », d’autres groupes ont choisi de contester la suspension devant les tribunaux.

Projets en mer au cœur de la tempête

Plusieurs projets éoliens ont été frappés par cette stratégie. Au large de New York, le chantier Empire Wind d’Equinor a été interrompu à plusieurs reprises — d’avril‑mai 2025 puis sur ordre fédéral le 22 décembre 2025 — avant qu’un juge n’autorise la reprise le 15 janvier 2026.

Revolution Wind, d’Orsted, a subi des arrêts similaires mais a finalement été mise en service le 14 mars 2026. Un second projet d’Orsted au large de New York est attendu en 2027.

Prétextes officiels et impacts géopolitiques

Le prétexte officiel: des pales géantes qui gêneraient les radars et la détection de drones, un argument brandi par l’administration pour invoquer la sécurité nationale. En pratique, l’effet est géopolitique et économique: retarder ou tuer des projets d’énergies renouvelables change les flux d’investissement mondiaux, renforce les producteurs de fossiles et compromet les objectifs climatiques internationaux.

Un message clair pour la transition énergétique

Le message est brutal et clair pour les acteurs du secteur: aux États‑Unis, l’État a choisi son camp. Le 23 mars 2026, TotalEnergies a accepté 928 millions de dollars pour abandonner deux concessions éoliennes; Revolution Wind est entrée en service le 14 mars 2026.

Ce sont des faits simples, mais leurs conséquences risquent d’être lourdes pour la lutte contre le réchauffement.

Publié le : 3 avril 2026
link