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Dormir mieux après le changement d’heure : les conseils clés

Personne dormant paisiblement dans un lit, réveil analogique sur la table après le changement d’heure

Perte d'une heure : plaisir social, coût biologique

Dans la nuit du samedi 28 mars au dimanche 29 mars, à 2 h il sera 3 h : nous perdons une heure de sommeil et passons à l’horaire d’été. Socialement, beaucoup aiment « gagner » des soirées ; biologiquement, c’est une mauvaise affaire pour notre rythme intérieur.

Comment la lumière décale notre horloge interne

« Notre horloge interne se synchronise surtout sur la lumière naturelle », explique María José Martínez Madrid, coordinatrice du groupe de travail de Cronobiologie de la Sociedad Española del Sueño (SES). Quand on avance l’heure, les matins sont plus sombres et les soirées plus lumineuses selon le cadran, si bien que le cerveau retarde le signal « c’est la nuit » et la production de mélatonine commence plus tard. Résultat : on s’endort plus difficilement, on se couche plus tard et, si l’on doit garder la même heure de réveil, on dort moins — un impact déjà notable chez l’adulte, et encore plus chez l’adolescent ou les personnes au chronotype « du soir ».

Chiffres espagnols : qui souffre le plus des changements d'heure

Selon la II Radiografía del Autocuidado de la Salud en España, 29,7 % des participants rencontrent des difficultés pour s’endormir ou rester endormis ; seul 12,4 % se déclarent vraiment reposés au réveil. Le même sondage montre que 15,4 % des Espagnols considèrent les changements d’heure comme un facteur qui nuit à leur sommeil — 17,1 % chez les femmes contre 13,6 % chez les hommes — et que les femmes rapportent globalement plus d’irrégularités de sommeil (33,1 % vs 26,4 %).

Trois règles pratiques pour ancrer votre horloge biologique

Si l’on veut éviter que l’horaire d’été ne devienne un casse-tête chronique, la spécialiste donne trois règles simples et non négociables : beaucoup de lumière le matin, peu de lumière le soir, et une grande régularité des horaires. S’exposer à la lumière naturelle dès le réveil, prendre un petit-déjeuner matinal et bouger tôt aident à « ancrer » l’horloge biologique ; à l’inverse, dîner tard, rester collé aux écrans et varier l’heure du coucher la dérèglent. La température du dormeur compte aussi : il fait souvent plus chaud au printemps, et une chambre trop chaude détériore la qualité du sommeil.

Limiter la caféine et l’alcool en soirée, garder la chambre fraîche, sombre et silencieuse, et ne pas compter sur des grasses matinées le week‑end pour « rattraper » les heures perdues sont autant de gestes efficaces. « Ce n’est pas dormir beaucoup deux jours qui protège le sommeil, mais dormir suffisamment et régulièrement toute la semaine », rappelle Martínez. Elle ajoute enfin un avertissement géographique : l’Espagne part déjà d’un décalage par rapport au cycle solaire, et avancer l’heure éloigne encore plus notre pays du rythme naturel lumière‑obscurité.

En pratique, la discipline circadienne n’est pas une recommandation optionnelle : c’est l’outil principal pour préserver le sommeil et la santé pendant les mois d’horaire d’été.

Publié le : 28 mars 2026
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