
La séance du 5 février 2026 a transformé l’appétit pour le risque en prudence: les titres les plus en vogue, de la tech au bitcoin, ont vacillé presque simultanément. Le Dow Jones a clôturé à 48 908,72 points, en retrait de 592,58 points (-1,20 %), tandis que la nervosité s’est traduite par des mouvements importants sur l’ensemble des marchés.
Le S&P 500 a reculé de 1,23 % pour terminer à 6 798,40, basculant ainsi dans le rouge sur l’année, et le Nasdaq a cédé 1,59 % à 22 540,59. En intraday, les indices ont connu des replis plus marqués — le Dow a perdu près de 700 points (environ 1,4 %), le S&P 500 1,5 % et le Nasdaq 1,9 % — ce qui atteste d’une nervosité largement partagée.
Au cœur de la tension, Alphabet a fait sensation en évoquant une envolée des investissements en intelligence artificielle, jusqu’à 185 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2026, une estimation qui a inquiété certains investisseurs et poussé l’action en baisse de 0,5 %. Par contraste, Broadcom a gagné environ 1 %, montrant que le marché peut encore distinguer gagnants et perdants au sein du même secteur.
La pression a été plus franche chez Qualcomm, dont l’action a plongé de plus de 8 % après une guidance décevante liée à une pénurie mondiale de mémoire. Ce recul a servi de catalyseur à une vente plus large sur les titres de logiciels et les fabricants de semi‑conducteurs, des segments déjà fragilisés par les craintes de disruption liées à l’IA.
La fuite vers la sortie ne s’est pas limitée aux actions : le bitcoin est retombé sous les 64 000 dollars après être déjà passé sous le seuil des 70 000, tandis que l’argent, qui avait inscrit un rebond de deux jours, a replongé et a chuté jusqu’à 16 % au sein de la séance, aggravant un effondrement d’environ 30 % observé vendredi dernier.
Les nouvelles du front de l’emploi n’ont guère rassuré. Challenger, Gray & Christmas a recensé 108 435 licenciements annoncés en janvier, soit le total le plus élevé pour un mois de janvier depuis la crise financière mondiale de 2008-2009. Parallèlement, les demandes initiales d’allocations chômage pour la semaine close le 31 janvier ont augmenté plus que prévu et les offres d’emploi en décembre sont tombées à leur plus bas niveau depuis septembre 2020.
La publication du rapport sur l’emploi de janvier du Bureau of Labor Statistics (BLS), retardée par la fermeture partielle du gouvernement, est désormais attendue la semaine prochaine et pourrait confirmer cette inflexion. « On a l’impression de sortir de cette période de “ni embauche ni licenciement” que nous avons connue ces derniers mois », a observé Stephen Tuckwood, ajoutant que si la tendance se confirme, la Réserve fédérale pourrait finalement abaisser ses taux vers la fin d’au moins l’une des réunions de mars ou d’avril.
Les petites valeurs n’ont pas été épargnées : l’indice Russell 2000 a reculé d’environ 2 % au cours de la séance, enregistrant sa pire journée en près de trois mois, et termine la semaine en baisse de plus de 1,5 %, signe que l’aversion au risque touche tous les segments de marché.
Malgré le tumulte, plusieurs stratégistes invitent à la retenue plutôt qu’à la panique. Selon Tuckwood, le repli sur les titres logiciels — entrés en phase de marché baissier la semaine précédente — pourrait être excessif : « Ce n’est pas encore le moment de refuser de risquer d’attraper un “couteau qui tombe”, mais pour ce sous‑segment, il y aura une opportunité quand la vente deviendra trop exagérée. »
Enfin, sur le front des introductions, Bob’s Discount Furniture a fixé le prix de son IPO à 17,00 dollars par action pour 19 450 000 actions, avec une option de surallocation de 2 917 500 actions. Les titres devraient commencer à être négociés à la Bourse de New York sous le symbole BOBS le 5 février 2026, l’opération devant se clore le 6 février 2026.
J.P. Morgan Securities et Morgan Stanley agissent en tant que chefs de file de l’offre ; l’enregistrement sur le formulaire S‑1 a été déclaré effectif le 30 janvier 2026, complétant ainsi le calendrier de l’opération.
Au final, la séance du 5 février incarne un marché à la fois sélectif et nerveux : des annonces ambitieuses d’investissement techno confrontées à des risques macroéconomiques et à la détérioration du marché du travail. Les prochains jours, et en particulier les données d’emploi à venir, devraient éclairer la trajectoire à court terme des actions et des taux.
| Indice | Performance YTD (2026) | Remarque |
|---|---|---|
| Russell 2000 | > +3% | Chute d'environ 2% lors de la séance ; en baisse de >1,5% sur la semaine |
| S&P 500 | -0,7% | Baisse de 1,23% jeudi ; en territoire négatif sur l'année |