
Bernard Drainville fait du bruit. Le sondage Léger‑Québecor dit que ce bruit ne transforme pas l’essai : si Drainville prenait la tête de la CAQ, le parti se retrouverait en queue de peloton. Autrement dit, son profil — volontiers populiste et un brin agressif — risque d’exclure plus d’électeurs qu’il n’en rallie.
« Jouer au populiste un peu agressif, ça ne sert pas », résume le sondeur Jean‑Marc Léger. La phrase dit beaucoup : certains pensent que Drainville réveillerait la base et clarifierait un discours, mais le sondage montre que ce calcul pourrait coûter cher sur l’échiquier provincial. Plutôt que de recentrer la CAQ, une direction Drainville donnerait l’impression d’un virage vers les extrêmes, au moment où les électeurs semblent chercher des alternatives plus modérées.
Selon un sondage Léger‑Québecor, la CAQ serait reléguée en queue de peloton si Bernard Drainville en prenait la tête. À six mois des élections, la dynamique politique au Québec change vite. Une lutte à deux se dessine entre le Parti québécois de Paul St‑Pierre Plamondon et le Parti libéral de Charles Milliard, qui consolide sa remontée.
François Legault, pour sa part, parvient pour l’instant à « sauver les meubles », mais son départ annoncé laisse la CAQ à un moment charnière : choisir une cheffe ou un chef capable non seulement d’exciter les militants, mais aussi de convaincre l’électorat centre‑droit et les indécis. Dans la course à la direction, les lignes se tracent entre stratégie d’affirmation et prudence électorale. Les partisans de Drainville voient en lui un communicant habile, capable de remettre la question identitaire au centre du débat et de mobiliser un noyau dur.
Ses détracteurs craignent qu’il polarise inutilement les débats et qu’il rende la CAQ moins compétitive face à un PQ remonté et un PLQ qui regagne des points. La réalité est brute : la CAQ va devoir choisir. Préfère‑t‑elle un leadership qui la maintient dans le jeu électoral national, ou une figure plus tranchée qui risque d’enfermer le parti dans une niche politique ?
À moins de six mois du scrutin, cette décision ressemble moins à un pari idéologique qu’à un calcul de survie. Le prochain épisode ne se jouera pas seulement dans les couloirs de l’Assemblée ou les studios de radio, mais dans les urnes. Pour la CAQ, l’enjeu est simple et pressant : garder la main sur le centre du vote québécois, ou accepter de perdre du terrain pour un discours plus radical.