
Des explosions ont résonné près de la capitale soudanaise, Khartoum, un jour après que les Forces de soutien rapide (RSF) ont annoncé leur accord pour un cessez-le-feu humanitaire. Les résidents ont rapporté avoir été réveillés par le bruit des drones et des explosions, signalant une intensification des conflits dans la région.
Les détonations auraient eu lieu près d'une base militaire et d'une centrale électrique tôt le matin. Bien que les RSF n’aient pas commenté ces incidents, le gouvernement militaire soudanais a exprimé sa méfiance envers un éventuel cessez-le-feu, affirmant que le groupe ne respecte pas les accords de paix.
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre civile qui a causé la mort d'au moins 150 000 personnes et déplacé 12 millions d'autres. Cette semaine, un observateur mondial de la faim soutenu par l'ONU a confirmé que les conditions de famine s'étendaient dans les zones de conflit, aggravant la crise humanitaire.
Les drones ont été entendus non seulement à Khartoum, mais aussi à Atbara, une ville contrôlée par l'armée, située à 300 km au nord. Un résident a déclaré à l'AFP que les défenses anti-aériennes avaient abattu certains d'entre eux, mais des incendies et des explosions ont été observés dans la ville.
La veille, les RSF avaient annoncé leur accord pour un cessez-le-feu humanitaire proposé par les États-Unis, les Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite et l'Égypte. Ce plan, proposé en septembre, visait à établir un cessez-le-feu permanent et une transition vers un régime civil.
Le gouvernement soudanais avait auparavant rejeté toute ingérence étrangère, affirmant que les RSF étaient une "milice terroriste raciste" soutenue par des mercenaires étrangers. L'ambassadeur soudanais en Afrique du Sud a déclaré qu'il était trop tôt pour accepter le plan, citant des violations passées des accords de cessez-le-feu par les RSF.
Les accusations selon lesquelles les Émirats Arabes Unis fourniraient des armes et des combattants aux RSF ont été répétées par l'ambassadeur, bien que les Émirats aient nié toute implication. Les experts de l'ONU jugent ces accusations crédibles, mais la situation reste tendue.
Les RSF et l'armée ont déjà convenu de propositions de cessez-le-feu par le passé, mais aucune n'a été respectée. Cette fois-ci, les RSF ont attendu d'avoir consolidé leur contrôle sur la ville clé d'el-Fasher avant d'annoncer leur accord, ce qui pourrait leur donner un avantage dans les négociations futures.
La situation au Soudan reste complexe et volatile, avec des rapports de massacres et de violence sexuelle. Alors que les RSF cherchent à renforcer leur position, la communauté internationale observe avec inquiétude les développements. Le chemin vers un cessez-le-feu durable et une paix véritable semble encore éloigné.