
À Cléon, en Seine-Maritime, des nouvelles importantes émergent concernant la motorisation des véhicules électriques du groupe Renault. Thierry Coquin, le secrétaire du syndicat Force ouvrière (FO), a confirmé que des discussions étaient en cours concernant la fabrication de drones militaires. Cette annonce a suscité de vives réactions, surtout après la publication par le magazine L’Usine Nouvelle.
Renault prévoit de collaborer avec l'entreprise de défense Turgis Gaillard, ce qui pourrait mener à un contrat d'une valeur d'environ un milliard d'euros sur dix ans. Bien que les sites de production ne soient pas encore officialisés, l'usine Ampère de Cléon et celle du Mans sont en pole position. Cette situation soulève des questions sur l'impact de cette décision sur l'emploi local.
Les syndicats expriment des opinions divergentes. La CGT a d'ores et déjà manifesté son opposition à ce projet, arguant que la production de matériel militaire va à l'encontre de l'éthique de l'entreprise. Thomas Ouvrard, délégué syndical CGT, insiste sur le fait que Renault doit rester concentré sur son cœur de métier, à savoir la conception de véhicules pour les populations.
Thierry Coquin, représentant de FO, adopte une approche différente. Selon lui, il est crucial d'être pragmatique et de considérer les conséquences de cette annonce. Dans un secteur en difficulté, la production de drones pourrait représenter une opportunité pour maintenir l'emploi et la visibilité des activités du site. Il critique les déclarations de la CGT, les qualifiant de plus politiques que syndicales.
Coquin souligne l'importance de produire ces drones en France plutôt qu'à l'étranger. Il voit cela comme une chance de pérenniser les emplois locaux. Cette vision pragmatique contraste avec celle de la CGT, qui reste fermement opposée à toute implication dans des logiques militaires.
Malgré son opposition, la CGT semble reconnaître que Renault a déjà pris des décisions. Thomas Ouvrard évoque la nécessité de garanties pour les employés. Il propose que ceux qui refusent de travailler sur des projets militaires soient réorientés vers d'autres activités sans pénalisation. Cette proposition vise à protéger les droits des salariés tout en répondant aux besoins de l'entreprise.
Coquin, de FO, insiste sur la nécessité d'obtenir des informations concrètes sur les choix futurs de Renault. Un Comité Social et Économique (CSE) s'est tenu récemment au Mans pour discuter des tests de prototypes avec le ministère des Armées, marquant ainsi une étape dans ce projet controversé.
La situation à Cléon soulève des questions cruciales concernant l'avenir de Renault et de ses employés. Alors que les syndicats expriment des opinions divergentes, il est clair que la décision de produire des drones militaires pourrait avoir des répercussions significatives sur l'emploi et l'éthique de l'entreprise. Les prochaines négociations seront déterminantes pour l'avenir des salariés et de l'industrie automobile en France.