
Les écoles se battent contre un phénomène préoccupant : le vaping chez les adolescents. Ce problème, qualifié d'« urgence de santé publique », entraîne des défis considérables pour les établissements scolaires. Les enseignants se sentent souvent isolés dans cette lutte, alors que les mesures mises en place pèsent sur des budgets déjà limités.
Des adolescents hospitalisés, des milliers de livres dépensés en détenteurs de vapes, et des élèves cachés dans les toilettes pour consommer des e-cigarettes sont quelques-uns des problèmes auxquels les écoles font face. Une enquête commandée par la BBC révèle que près d'un cinquième des enseignants affirment que des détecteurs de vapes ont été installés dans leur établissement.
Environ 35 % des enseignants rapportent que du personnel supplémentaire a été déployé pour surveiller les lieux et empêcher les élèves de vapoter. Ces mesures sont nécessaires, mais elles ajoutent une pression supplémentaire sur des budgets déjà tendus.
Les enseignants et les syndicats demandent au gouvernement de financer des programmes éducatifs sur les dangers du vaping. Le syndicat NASUWT propose d'ajouter les vapes à une liste d'objets bannis, permettant ainsi aux écoles de fouiller les élèves en cas de suspicion. Selon eux, le vaping perturbe l'éducation des enfants, ce qui constitue une urgence de santé publique.
Selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé, les enfants sont neuf fois plus susceptibles de vapoter que les adultes. Environ 15 millions d'enfants âgés de 13 à 15 ans utilisent des e-cigarettes dans le monde, alimentant une nouvelle vague de dépendance à la nicotine.
Après un incident grave à Wales High School, où un élève a été exposé à une vape contenant une substance illégale, des mesures strictes ont été instaurées. L'école a installé trois détecteurs de vapes, coûtant 1 000 £ chacun, et a mis en place une surveillance renforcée des couloirs. Bien que ces efforts aient réduit le nombre d'élèves vapotant, la directrice, Lisa McCall, estime que cela détourne l'attention de l'objectif principal : éduquer les enfants.
Les élèves continuent cependant à vapoter, certains admettant qu'ils sont sous pression de leurs pairs. Un élève a déclaré qu'il avait commencé à vapoter à l'âge de 10 ans et que, malgré les nouvelles mesures, il continue à le faire en cachette.
Les parents jouent un rôle crucial dans la lutte contre le vaping. Certains soutiennent les efforts de l'école, tandis que d'autres pensent que le vapotage est moins dangereux que le tabagisme. McCall souligne que beaucoup de parents ne comprennent pas la gravité du problème, pensant que c'est moins risqué que de fumer des cigarettes.
Les services de jeunesse peuvent également contribuer à cette lutte. Des centres communautaires, comme The Barn, encouragent les jeunes à déposer leurs vapes à l'entrée. Cependant, la directrice, Kirsty Poskitt, doute que la législation seule puisse résoudre ce problème, car les adolescents ne perçoivent pas toujours les risques à long terme.
Le phénomène du vaping chez les jeunes représente un défi de taille pour les écoles. Les enseignants, les parents et la communauté doivent collaborer pour sensibiliser les élèves aux dangers du vapotage. Alors que les mesures gouvernementales sont en cours, il est essentiel de continuer à éduquer et à soutenir les jeunes dans cette lutte contre la dépendance à la nicotine.