
Les élections en Myanmar se sont terminées, mais elles sont largement considérées comme une farce. La situation politique est tendue, et de nombreux partis populaires sont interdits de participation. La majorité de la population n'a pas pu voter en raison d'un conflit civil qui dure depuis cinq ans.
Les élections, qui se sont déroulées en plusieurs étapes, ont été marquées par une absence de transparence. La junte militaire au pouvoir s'attend à une victoire écrasante, malgré les critiques internationales. Environ un cinquième des 330 municipalités du pays, dont Yangon et Mandalay, ont participé au dernier tour.
Six partis, y compris le parti soutenu par l'armée, l'Union Solidarity and Development Party (USDP), ont présenté des candidats. D'autres partis ont choisi de concourir à des niveaux régionaux et étatiques. Les deux premiers tours, tenus en décembre et janvier, avaient déjà favorisé l'USDP.
Lors de cette élection, le climat était marqué par la peur et l'intimidation. À Nyaungshwe, où une équipe de la BBC a observé le vote, l'organisation semblait correcte. Cependant, la présence policière était omniprésente, rendant les électeurs nerveux quant à leurs réponses.
Les machines de vote électroniques, fabriquées localement, étaient utilisées, faisant croire à un exercice démocratique normal. Pourtant, la réalité était bien différente, avec une atmosphère de méfiance et de surveillance.
Une fois les résultats annoncés, le parlement se réunira pour élire un nouveau président. La majorité s'attend à ce que le général Min Aung Hlaing, actuel chef de la junte, soit nommé. Cela signifiera une continuité du régime, mais avec un changement de façade.
Le général devra cependant céder son commandement des forces armées. Son remplaçant sera probablement un fidèle, mais son autorité pourrait être moins sécurisée, car de nombreux officiers ne croient pas en sa capacité à diriger le pays.
Le coup d'État de 2021 a plongé le pays dans le chaos. La junte a renversé le gouvernement civil élu, et Aung San Suu Kyi est toujours en détention. Le pays est confronté à des luttes internes entre l'armée et divers groupes de résistance.
La guerre civile a causé des milliers de morts et des millions de déplacés, aggravant une situation économique déjà désastreuse. La récente crise humanitaire, exacerbée par un séisme dévastateur et des coupes de financement international, a rendu la situation encore plus critique.
Les élections en Myanmar, marquées par la répression et le contrôle militaire, ne semblent pas offrir d'espoir de changement. Avec une junte au pouvoir et un climat de peur, l'avenir du pays reste incertain. La possibilité d'un dialogue politique et d'une résolution du conflit civil semble encore éloignée.