
Elon Musk a traité de « attardés mentaux » les procureurs du parquet de Paris après qu’ils ont signalé aux autorités américaines des soupçons visant xAI et la start‑up xAI. L’invective, publiée en français sur X, répond à une démarche judiciaire rare et clivante: des magistrats français estiment qu’une série de deepfakes sexuels liés à Grok, l’agent d’intelligence artificielle d’X, pourrait avoir servi à gonfler artificiellement la valeur des sociétés de Musk.
Le parquet de Paris a signalé aux autorités américaines une possible « valorisation artificielle » de X et de xAI. Les magistrats estiment notamment que la polémique autour des deepfakes générés par Grok pourrait avoir été orchestrée pour améliorer la perception du marché avant l’introduction en Bourse prévue en juin 2026.
Selon le parquet, ces deepfakes à caractère sexuel auraient pu être créés « à dessein », dans un contexte où X connaissait « une perte manifeste de vitesse ». Les autorités évoquent la fusion entre SpaceX et xAI, qui doit déboucher sur la naissance d’une nouvelle entité et une IPO attendue en juin 2026 — un calendrier qui rend toute question de valorisation particulièrement sensible.
La tyrolienne entre scandale technologique et enjeux financiers se voit donc transformée en affaire judiciaire transatlantique. L’idée avancée par le parquet n’est pas seulement technique: elle implique un possible montage — ou du moins une exploitation calculée — de contenus manipulés pour influencer investisseurs et marchés. Reste que, pour l’instant, il s’agit d’un signalement, pas d’une condamnation; la conséquence immédiate a été surtout politique et verbale.
La riposte de Musk a pris la forme d’un dédain brutal plutôt que d’une défense détaillée. En traitant les magistrats d’« attardés mentaux », il a choisi l’escalade sur le terrain de la communication publique, où X reste son porte‑voix le plus direct. Ce ton ne va pas apaiser les tensions entre un patron qui contrôle des entreprises aux ambitions colossales et des instances judiciaires préoccupées par la transparence des marchés.
Au-delà de l’insulte, l’enjeu est clair: si les autorités américaines décident d’enquêter, la question des deepfakes et de leur usage dans un contexte financier pourrait devenir un dossier majeur pour la régulation des IA et des introductions en Bourse. Pour l’instant, la tension met en lumière deux choses simples et dures à ignorer — la fragilité de la réputation des plateformes et le pouvoir des contenus synthétiques de perturber les marchés.