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Emmanuel Grégoire : le plan de Paris pour les automobilistes

Emmanuel Grégoire en costume, parlant devant l’Hôtel de Ville de Paris, avec voitures en arrière-plan

Transformer le boulevard périphérique pour reconnecter la ville

Emmanuel Grégoire a été élu maire de Paris. Son projet le plus visible et le plus disruptif ? Transformer le boulevard périphérique : fini l’autoroute qui circonscrit la ville, place à un axe paysager et végétalisé pensé pour apaiser les flux et reconnecter la ville à ses bordures.

Limiter la voiture et réformer le stationnement

Pour encadrer l’usage de la voiture en centre-ville, son équipe généralise les zones à 20 km/h et durcit les règles de circulation dans les quartiers. La politique de stationnement devient un outil de régulation sociale et écologique : une tarification punitive vise clairement les SUV, tandis qu’au moins 25 % des emplacements en surface seront réservés aux livraisons, aux professionnels et aux personnes à mobilité réduite. Pour compenser la moindre offre résidentielle ou de transit, le plan prévoit l’aménagement de 30 000 places dans des parkings relais aux entrées de la métropole, avec des tarifs attractifs pour les riverains.

Renforcer le réseau de surface et tester le métro 24/7

Le réseau de surface est au cœur de la stratégie mobilité. Quinze lignes de bus express doivent fluidifier les déplacements grâce à une priorité aux intersections et, sur les axes les plus sollicités, la fréquence passerait à un bus toutes les cinq minutes en heure de pointe. En parallèle, le projet propose de tester l’ouverture continue — nuit et jour — des métro automatisées 1, 4 et 14, pour répondre aux besoins des quelque 10 % de Franciliens qui travaillent en horaires décalés.

Un demi-milliard et les arbitrages budgétaires à venir

Le coût n’est pas anecdotique. l’autorité organisatrice des transports estime le prix de l’ouverture permanente du métro à un demi-milliard d’euros, un montant qui soulève la question — et le débat — des arbitrages budgétaires à venir. Le vote décidera sur quels autres postes ces dépenses risquent d’empiéter.

Solidarité sociale, logistique propre et dilemme politique

Sur le volet social, le maire élu s’engage à pérenniser les dispositifs existants : la gratuité du réseau pour la jeunesse, les personnes en situation de handicap et les retraités aux revenus modestes reste un pilier. Enfin, l’ambition environnementale cible aussi la logistique urbaine : plus de flux par voie fluviale, création de micro-hubs de quartier pour la rupture de charge, et livraison du dernier kilomètre exclusivement assurée par des vélos-cargos et des utilitaires électriques légers.

Le projet de Grégoire met donc les voitures sous pression tout en misant sur des alternatives visibles — trame verte, bus plus rapides, métro 24/7 et logistique propre. Reste la question politique : combien de compromis faudra-t-il accepter pour financer la transformation ?

Publié le : 27 mars 2026
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