
La grève du personnel enseignant non universitaire de la Communauté valencienne entre dans sa quatrième semaine, mais sans clarté sur son avenir. Lancée le 11 mai, elle a déjà provoqué le chaos en fin d’année scolaire et forcé les syndicats à sonder leurs troupes : 30 014 personnes ont répondu au questionnaire lancé par STEPV, CCOO et UGT. Résultat net : 80 % veulent maintenir des arrêts de travail, mais la majorité refuse le format actuel.
Concrètement, seulement 26 % des répondants veulent poursuivre la grève telle qu’elle est menée aujourd’hui. 54 % préconisent de garder le mouvement en modulant les actions — par des mobilisations ponctuelles plutôt que par une grève continue — et 20 % souhaitent lever la grève illimitée tout en poursuivant d’autres formes de mobilisation. Le formulaire, ouvert vendredi, visait à valider ou non la dernière proposition de la Conselleria d’Educació ; négociations prévues ce dimanche soir entre l’administration et les syndicats, alors que la réunion devait initialement attendre lundi.
La division syndicale fragilise la pression. Sur huit blocs de négociation, seuls les représentants signent l’accord sur la simplification bureaucratique. Les mesures concernant les ratios, les effectifs, les infrastructures, l’inclusion, la formation professionnelle, le valencien et les salaires restent rejetées.
Le volet salarial — une hausse du complément spécifique autonómico de 75 € en 2026, 75 € en 2027 et 50 € en 2028, plus six jours moscosos — a été approuvé par ANPE et CSIF, qui ont décidé cette semaine de ne plus être convocants de la grève. Avec les syndicats divisés en deux, la pression sur la Conselleria faiblit.
Les conséquences sont tangibles. La grève coïncide avec les épreuves d’accès à l’université ; la Generalitat a fixé des services minimums à 100 %. Tous les tribunaux ont été constitués et, en principe, les examens se dérouleront normalement.
Mais la grève s’essouffle aussi : après 15 journées ouvrées, le suivi officiel est retombé à 11,17 % vendredi. La moyenne de la première semaine avait été de 35,2 %, puis 24,2 % et 17,6 % lors des deux semaines suivantes ; les premiers et sixièmes jours ont enregistré les taux de participation les plus élevés, selon la Conselleria.
Les manifestations n’en restent pas moins massives : jusqu’à 35 000 personnes ont battu le pavé lors des mobilisations. Financièrement et moralement, les enseignants accusent le coup après plusieurs semaines d’arrêts. La grève tient donc à la fois d’un bras de fer politique et d’un test de résistance syndicale : les enseignants veulent rester en lutte, mais ils cherchent désormais à changer la manière de lutter. La négociation de dimanche pourrait décider si le mouvement se réarme ou amorce un recul stratégique.