
Un projet de trois éoliennes en Haute-Loire a nécessité dix-huit ans de batailles juridiques. Validé par le Conseil d’État en décembre 2025, le dossier des Vastres continue de susciter des tensions. Ce village, perché à 1 100 m d’altitude, est connu pour ses magnifiques paysages de montagne et ses circuits de randonnée.
Depuis presque deux décennies, un véritable conflit oppose habitants et élus locaux au sujet d'un projet éolien. Récemment, le Conseil d’État a donné son feu vert, mais les rancœurs persistent. La population est profondément divisée et peu d’habitants souhaitent s’exprimer sur le sujet, témoignant d’un agacement palpable.
Une habitante a même déclaré : « Je ne veux plus en entendre parler ! ». Le maire, favorable au projet, a exprimé son soulagement : « Il était temps que cela cesse. On a passé plus de temps devant les juges que sur le terrain », a-t-il résumé.
Le dossier, lancé au milieu des années 2000, a connu de nombreux obstacles. Trois maires se sont succédé et le projet a dû faire face à des règles changeantes, des études d’impact contestées et des refus préfectoraux. Cela a abouti à des appels successifs, jusqu’au dernier recours rejeté par la plus haute juridiction administrative.
Des figures politiques locales, telles que Laurent Wauquiez, se sont également opposées au projet. Kilian Alvarez, responsable du projet chez BayWa r.e., rappelle que « en France, un projet éolien dure en moyenne sept à dix ans », soulignant l’exceptionnalité de cette situation.
Les partisans du projet avancent des arguments tant climatiques que financiers. Selon le maire, ces éoliennes pourraient rapporter environ 120 000 euros par an à la commune de 200 habitants. Cela pourrait permettre d’entretenir les routes et de financer de nouveaux projets sans augmenter les impôts.
Bien que le parc ne prévoie que trois éoliennes, capables d’alimenter près de 6 000 foyers, cela reste un sujet de discorde. Les opposants considèrent que même ce nombre est déjà trop élevé.
Pour les opposants, la phase juridique est terminée, mais leur mobilisation continue. Nathalie Merley, animatrice du collectif des riverains, dénonce un dossier qu’elle juge « absurde sur le plan énergétique » et « destructeur de paysages ». Elle affirme qu'ils resteront vigilants sur le chantier et poursuivront leurs actions.
Le maire, quant à lui, critique ces détracteurs, les qualifiant de personnes qui ne vivent ici que quelques semaines par an. Cette tension persiste alors que les travaux préparatoires devraient débuter fin 2026, pour une mise en service espérée en 2028.
Malgré la décision du Conseil d’État, le projet éolien aux Vastres continue de diviser la population. Les tensions restent vives, et le vent de la colère ne semble pas prêt à s’apaiser. Les habitants devront naviguer dans cette situation complexe alors que les travaux se profilent à l'horizon.