
Plus de quinze mille hectares de nature, de vallées et de vie dans la Sierra Norte de Guadalajara sont menacés. Cette menace provient d'une entreprise minière australienne, Global Mining Enterprises PTYLD, qui souhaite réaliser son rêve d'extraction d'or. Sa filiale espagnole, Oroberia S.L.U., a demandé des permis de recherche dans la région, menaçant ainsi des villages qui luttent pour leur survie.
Cette situation a provoqué une insurrection dans ce que l'on appelle "l'Espagne vidée". Des maires, des associations et des citoyens se sont unis pour défendre leur droit à exister. Ricardo Antón, maire de Naharros, souligne que la valeur d'un village ne devrait pas se mesurer à son nombre d'habitants. Cette lutte est cruciale pour préserver leur identité et leur territoire.
Quatorze municipalités se sont déclarées en guerre contre les projets "Gua", "Dala" et "Jara". Ces projets, soutenus par un nouveau règlement de l'Union Européenne, prévoient des permis accélérés pour l'extraction. Les maires craignent que ces initiatives ne conduisent à une exploitation destructrice de leur terre, laissant derrière elles des paysages dévastés.
Oroberia prévoit de réaliser jusqu'à douze forages à des profondeurs de 300 à 400 mètres. Le type de mine dépendra de la localisation des minerais. Dans des villages comme Naharros, les habitants savent ce que cela signifie, ayant déjà subi les conséquences de l'exploitation à ciel ouvert. Ils vivent avec le bruit des machines et la poussière qui pénètrent dans leurs foyers.
Les projets miniers menacent des zones de grande richesse biologique qui font partie de la Réserve Natura 2000. L'ouverture de galeries et l'utilisation de produits chimiques pourraient altérer l'équilibre naturel de la Sierra Norte. Les habitants craignent que cette exploitation entraîne des maladies et une dégradation irréversible de leur environnement.
Les maires, comme Javier Cantero, s'interrogent sur l'intérêt général de ces projets. Selon lui, les bénéfices iront à des multinationales, et non à la communauté locale. La législation espagnole actuelle ne protège pas adéquatement les droits des propriétaires fonciers, ce qui complique encore plus la situation.
Face à cette menace, les habitants ont commencé à s'organiser. Ils ont soumis plus de 200 objections contre les projets extractifs. Maite Pérez, maire de Río Frío del Llano, souligne l'importance de l'unité entre les municipalités pour faire entendre leur voix. Malgré les défis, ils continuent de lutter pour préserver leur mode de vie et leur environnement.
Les maires espèrent que la Junta de Castilla-La Mancha écoutera leurs préoccupations et interviendra avant qu'il ne soit trop tard. Ils mettent en avant que ces projets miniers vont à l'encontre des lois de dépopulation, qui visent à maintenir les populations dans les zones rurales en utilisant les ressources naturelles de manière durable.
La situation dans la Sierra Norte de Guadalajara est un exemple frappant des conflits entre exploitation minière et préservation de l'environnement. Les communautés locales, unies dans leur lutte, se battent pour protéger leur terre et leur avenir. Ils souhaitent que leur voix soit entendue et que leur riche patrimoine naturel soit préservé pour les générations futures.