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Les États-Unis multiplient les avions de combat, la France n’a que le Rafale

Rafale de l’armée française en vol, vu de profil, avec ciel bleu et nuages en arrière-plan

Livraison retardée du F‑47 et inquiétudes au Congrès

On attendait le successeur du F‑22 pour 2030. Un an après l’officialisation d’un contrat avec Boeing, la livraison du F‑47 a été reportée, selon l’élu au Congrès Rob Wittman. Le 17 mars, ce républicain — vice‑président de la commission des forces armées de la Chambre — a demandé au Pentagone : « qu’est‑ce qu’on fait en attendant ? » Sa réponse : maintenir en service une flotte de F‑18 et entretenir les F‑22 pour créer la « passerelle » vers le futur chasseur.

Pourquoi les États‑Unis multiplient les modèles

Les États‑Unis possèdent une myriade d’appareils parce que chaque branche a ses besoins : Navy, Marines et US Air Force exploitent des flottes différentes pour des missions distinctes. Les chasseurs « petits » comme le F‑16, né dans les années 1970 et toujours l’un des plus largement utilisés au monde, offrent maniabilité et économie mais une portée limitée. Les gros avions comme le F‑15 Eagle (1976) restent prisés pour leur charge d’armes et leur capacité d’intervention à longue distance ; dans le contexte de tensions avec l’Iran, ils servent encore à intercepter drones et missiles.

F‑22 et F‑35 : capacités et coûts

Le F‑22 Raptor, déployé dans les années 2000, incarne la supériorité aérienne moderne : furtivité, supercroisière et fusion de données. Selon l’US Air Force, il peut parcourir jusqu’à 3 000 kilomètres sans ravitaillement et est interdit d’exportation. En revanche, le F‑35 Lightning, conçu comme un « multirôle » standardisable, est exploité par 14 États membres de l’OTAN, dont l’Italie, la Pologne et le Danemark. Une note récente de l’Ifri estime le coût unitaire du F‑22 à environ 282 millions de dollars.

Ce que promet et change le F‑47

Le F‑47, issu du programme NGAD lancé en 2015, est pensé pour remplacer le F‑22 à l’horizon 2030 : les 187 Raptor en service auront bientôt plus de vingt ans, et leur production s’est arrêtée en 2011. L’enjeu n’est pas que mécanique. Face à la montée en puissance chinoise, « les Américains sont pris dans une course à l’ultratechnologie », explique Pierre‑Henri Chuet, ancien pilote de chasse. Le F‑47 doit pouvoir traverser le Pacifique et frapper au‑delà, afin de ne plus « subir la tyrannie des distances » : les missiles chinois peuvent aujourd’hui viser les ravitailleurs avant même que les chasseurs n’entrent en action.

Le F‑47 promet d’être massif, avec de grandes soutes pour des missiles longue portée et une furtivité pensée non plus seulement de face mais sur tous les axes — d’où des formes triangulaires aperçues sur des prototypes. Mais la plus grande rupture pourrait être logicielle : avion‑système, commandant d’une flotte de drones « loyal wingmen », fusion des données et IA embarquée pour livrer au pilote une « vérité tactique » instantanée. Christophe Piubeni, sous‑directeur stratégie à l’Amiad, rappelle que les plateformes de demain « traiteront de plus en plus de datas » pour rendre l’information utile.

Courses stratégiques, dilemmes éthiques et calendrier européen

Le F‑47 est conçu pour opérer dans le Pacifique et atteindre des cibles à l’autre côté de l’océan. La Chine annonce viser une livraison du J‑36 d’ici 2030.

La course est donc autant technologique que symbolique : étiqueter un avion « sixième génération » a un côté statutaire. Mais cela ne prouve rien sur la supériorité réelle, et soulève déjà des questions éthiques sur la délégation de décisions létales à des logiciels. Pendant ce temps, en Europe, le SCAF et le successeur du Rafale F5 avancent plus lentement : le Rafale F5 est prévu à partir de 2033, mais son calendrier et son financement restent incertains.

Publié le : 29 mai 2026
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