
Les eaux autour du détroit d’Ormuz tournent au bras de fer. Le commandement militaire américain pour le Moyen‑Orient (CentCom) affirme avoir « ordonné » à 31 navires de faire demi‑tour ou de regagner leur port dans le cadre d’un blocus visant l’Iran. « La majorité des navires se sont conformés aux instructions américaines », a encore écrit CentCom, précisant que la plupart des bâtiments qui ont rebroussé chemin étaient des pétroliers.
L’Iran, de son côté, a déclaré mercredi que ses forces navales avaient intercepté deux bateaux qui tentaient de franchir le détroit. Ces incidents rendent la navigation commerciale plus risquée et accroissent la pression sur des routes maritimes déjà fragilisées par les tensions régionales.
Le commandement militaire américain affirme avoir ordonné à 31 navires de faire demi‑tour. L’Iran dit avoir intercepté deux bateaux dans le détroit d’Ormuz.
Les Européens ne se contentent plus de vœux : les dirigeants de l’Union européenne se retrouvent jeudi soir à Chypre pour un sommet où la crise au Moyen‑Orient dominera l’agenda. Pour un déjeuner de travail vendredi, plusieurs responsables régionaux sont attendus, dont le président du Liban Joseph Aoun, le président égyptien Abdel Fattah Al‑Sissi, le Syrien Ahmed Al‑Charaa et le prince héritier de Jordanie, Abdallah Ben Hussein.
Se réunir à Chypre n’est pas anodin. L’île a déjà été la cible de drones de fabrication iranienne au début du conflit, et sa proximité avec les lignes maritimes rend palpable l’enjeu stratégique : maintenir ouvertes des voies vitales pour le commerce énergétique mondial.
Le blocus du détroit d’Ormuz pèse déjà sur l’économie européenne. Selon les estimations avancées lors des discussions, la facture pour s’approvisionner en pétrole et en gaz a bondi de 24 milliards d’euros en sept semaines.
Face à ce choc, des mesures coûteuses se multiplient dans les États membres pour soutenir les secteurs les plus exposés : industrie lourde, agriculture, pêche.
Bruxelles surveille aussi une possible pénurie de kérosène, qui menacerait le transport aérien. Un responsable européen a résumé la posture : « Nous sommes prêts à contribuer, lorsque les conditions seront réunies, à maintenir le détroit d’Ormuz ouvert. » Tout dépendra, a‑t‑il ajouté, de la suite des événements et du respect éventuel d’un cessez‑le‑feu entre les États‑Unis et l’Iran.
La situation reste fluide, les risques concrets et l’économie en première ligne — et pour l’instant, les marins et les diplomates naviguent à vue.