
Depuis Londres, Shirin Ebadi partage des réflexions qui surprennent. Elle exprime un sentiment partagé par une partie de la population iranienne, qui, après deux semaines de protestations et de répression, demande de l'aide. L'avocate et lauréate du prix Nobel de la paix est convaincue que les ayatollahs feront tout pour rester au pouvoir.
Cette fois, la situation est différente. En Iran, il y a une véritable guerre entre le régime et la population. Depuis huit jours, l'accès à Internet est coupé, car le régime craint la diffusion d'images horribles à l'étranger. Heureusement, certaines personnes parviennent à nous transmettre des informations via Starlink.
Les victimes sont nombreuses ; des sources évoquent jusqu'à 30 000 morts, bien qu'il soit difficile de confirmer ces chiffres. En une seule nuit, 900 extractions de globes oculaires ont été réalisées dans deux hôpitaux de Téhéran. Dans un tel contexte, demander de l'aide devient inévitable.
Shirin Ebadi s'adresse également aux États-Unis. Elle précise que ce qu'elle demande n'est pas une intervention militaire, car cela entraînerait également des victimes. Au lieu de cela, elle souhaite que le régime soit empêché de tuer des citoyens. Il existe d'autres moyens d'intervenir.
Elle évoque la possibilité de cyberattaques contre les ayatollahs, suggérant des actions similaires à celles menées contre Ismail Haniyeh. Par ailleurs, elle propose d'attaquer les organes de propagande du régime, comme la télévision d'État, pour bloquer leur machine de mensonges.
D'un point de vue diplomatique, elle appelle les gouvernements occidentaux à déclarer le gouvernement iranien illégitime et à réduire les activités diplomatiques. Elle souligne que cette vague de protestations est différente des précédentes, car une partie des Iraniens crie le nom de Reza Pahlavi.
Ce n'est pas un appel au retour de la monarchie, mais une demande de choix démocratique après la chute de la dictature. Pahlavi se positionne pour guider cette transition, ce qui montre un désir d'avenir.
Ebadi affirme que dire que les Iraniens n'ont pas de noms est une excuse pour les gouvernements occidentaux. Actuellement, Internet reste bloqué et les violences continuent dans les rues. Le nom de Pahlavi émerge, mais il est difficile de quantifier le soutien qu'il reçoit.
Elle insiste sur le fait que le destin de l'Iran doit être décidé par le peuple lorsqu'il pourra voter. Elle imagine un avenir où la République Islamique, qui a étouffé le pays pendant 47 ans, sera détruite.
Shirin Ebadi exprime un espoir pour l'avenir. Elle ressent une forte énergie dans les rues, mais souligne que son peuple ne doit pas rester seul. Les femmes et les hommes continuent de se battre, malgré le risque encouru. L'espoir d'un changement est présent, mais il dépend de l'unité et de la détermination du peuple iranien.