
Des étudiants iraniens ont organisé des rassemblements samedi à Téhéran pour rendre hommage aux victimes de la répression de janvier. Lors de ces événements, des slogans anti-gouvernement ont été scandés, provoquant des tensions avec les partisans du pouvoir. Ces manifestations interviennent alors que les États-Unis menacent de frapper l'Iran.
Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des échauffourées à l'université de technologie de Sharif, la principale institution d'ingénierie de la capitale. Des étudiants ont scandé « bi sharaf », signifiant « honteux » en persan. D'autres images montrent une foule massive exprimant des messages hostiles au gouvernement.
D'après l'agence de presse Fars, la manifestation, initialement prévue comme silencieuse et pacifique, a été perturbée par des cris de « mort au dictateur ». Ce slogan, emblématique du mouvement de contestation, vise le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Des groupes brandissant des drapeaux iraniens se sont opposés à des manifestants masqués.
Ces rassemblements surviennent après une période de deuil traditionnel musulman de 40 jours, marquant la fin de la contestation qui avait éclaté en janvier. Les manifestations, initialement déclenchées par le marasme économique, se sont rapidement transformées en un mouvement contre le pouvoir, réprimé de manière violente.
Selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 7 000 personnes ont perdu la vie lors de cette répression, avec plus de 53 000 arrestations. Les autorités iraniennes, quant à elles, rapportent environ 3 000 morts, principalement parmi les forces de sécurité.
En plus des manifestations internes, le régime iranien fait face à une pression croissante des États-Unis. Ces derniers ont déployé une armada dans la région, avec le porte-avions Gerald Ford et trois destroyers, portant le total à 17 navires de guerre américains.
En réponse, l'Iran a mené des exercices militaires en mer d'Oman, en collaboration avec la Russie. Malgré les tensions, des pourparlers indirects ont repris début février, après un précédent échec des discussions.
Alors que l'Iran cherche à alléger les sanctions qui pèsent sur son économie, il a exprimé son désir d'un accord rapide. Donald Trump a fixé un ultimatum, indiquant qu'il se donnerait « dix » à « quinze jours » pour décider de la suite des négociations.
Interrogé sur la possibilité d'une frappe si les négociations échouent, Trump a déclaré : « Tout ce que je peux dire… c’est que je l’envisage ». Cette déclaration souligne les tensions croissantes entre les deux nations.
Les événements récents à Téhéran illustrent une tension croissante entre le pouvoir iranien et ses citoyens. Les manifestations et les menaces internationales créent un climat d'incertitude, tant sur le plan interne qu'externe. L'avenir des relations entre l'Iran et les États-Unis demeure incertain.