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Une experte en bioéthique réclame une loi sur l’euthanasie renforcée

Une experte en bioéthique s’exprime au micro lors d’une conférence, devant un écran de présentation.

Urgence législative demandée par Núria Terribas

La juriste Núria Terribas, vice‑présidente de la Commission de bioéthique de Catalogne, demande une modification urgente de la loi sur l’euthanasie pour empêcher que des recours judiciaires transforment une décision clinique validée en une lutte interminable. Vendredi, dans une interview à Hoy por Hoy avec José Luis Sastre, elle a pointé la « fissure juridique » qui a permis que le cas de Noelia Castillo se prolonge pendant plus d’un an et demi.

Le cas de Noelia Castillo et les recours qui ont retardé la procédure

Noelia Castillo, 25 ans, paraplégique, a reçu l’euthanasie jeudi après un processus retardé par les recours de son père. Terribas rappelle que la loi espagnole prévoit un triple filtre de validation et des évaluations psychiatriques qui, selon elle, ont toutes avalisé la demande.

La fissure juridique qui a ouvert la voie aux recours

Le nœud du problème est administratif : l’autorisation d’euthanasie est traitée comme une décision administrative, donc susceptible de recours qui peuvent durer. « Cette fissure juridique est celle qu’on a utilisée pour engager ce périple judiciaire. La première chose à résoudre, c’est ce problème », dit Terribas. Elle plaide pour une réforme qui limite la capacité de bloquer les dossiers ou, à tout le moins, pour des voies d’exception « rapides et courtes » quand quelqu’un impugne une décision déjà validée cliniquement.

Critiques sur la médiatisation et la protection de la personne

Au‑delà du délai, Terribas dénonce la mise en scène médiatique des derniers jours. Elle parle sans détour d’un « cirque médiatique » ayant exploité la vulnérabilité d’une personne en grande fragilité. Ce traitement public, selon elle, a ajouté une souffrance inutile et déformé la lecture du dossier.

Rigueur du processus, biais d’âge et urgence humanitaire

Sur le fond, la juriste défend la rigueur du processus prévu par la loi : évaluations médicales et psychiatriques, multiprofessionnalité, et contrôles judiciaires — tous, affirme‑t‑elle, ont donné leur aval dans le cas de Noelia. « Ce n’est pas une décision prise à la légère. C’est un processus très sérieux », insiste‑t‑elle, rappelant que tous les tribunaux saisis ont validé la procédure.

Terribas critique aussi le biais lié à l’âge : la jeunesse de Noelia a, selon elle, beaucoup influencé le débat public. « De façon très évidente, son âge a pesé. Si le même contexte concernait une personne âgée, la lecture serait totalement différente », ajoute‑t‑elle. Elle va jusqu’à suggérer qu’on devrait peut‑être ignorer l’âge pour éviter qu’il ne conditionne les décisions.

Enfin, elle répond aux voix qui lient euthanasie et morts prématurées : ces cas surviennent souvent parce que le processus se prolonge trop, notamment quand les demandes arrivent à un stade très avancé de maladies comme le cancer. Pour Terribas, accélérer les procédures est une urgence humanitaire autant que juridique — il s’agit d’éviter des souffrances additionnelles et d’empêcher qu’un dossier médicalement validé ne devienne un conflit sans fin.

Publié le : 28 mars 2026
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