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La femme invitée par Ilhan Omar au discours a été arrêtée puis soignée

Ilhan Omar au pupitre lors d’un discours, avec une femme invitée assise derrière elle dans la salle

Une invitée d'Ilhan Omar expulsée et hospitalisée après l’état de l’Union

Lors du discours sur l’état de l’Union mardi, la députée Ilhan Omar a pris une invitée avec elle dans la tribune du Capitole — et cette invitée, Aliyah Rahman, a fini arrêtée puis hospitalisée, selon Rahman et Omar.

Transport médical et blessures signalées

Originaire du Minnesota, la femme a été conduite au George Washington University Hospital, où elle a reçu des soins avant d’être placée en état d’arrestation, selon le récit d’Omar et celui de la concernée.

Ce qui s’est passé dans la galerie pendant le discours

Tout a basculé au moment où le président Donald Trump appelait les démocrates à restaurer le financement du Department of Homeland Security : Rahman s’est levée, en silence, tandis que les personnes autour d’elle sont restées assises. Lorsqu’un agent du Capitol Police lui a demandé de se rasseoir, elle a refusé. Une ovation debout a alors éclaté dans la salle ; Rahman a tenté d’expliquer aux policiers que cette réaction du public était une raison pour ne pas la contraindre à partir.

Cependant, les agents l’ont prise en charge et l’ont tirée vers la sortie alors qu’elle marchait avec une béquille, et un autre invité dans la galerie a protesté contre la rudesse des policiers.

Témoignage et détails de la garde à vue

Lors d’une interview accordée à Amy Goodman de Democracy Now!, Rahman a raconté avoir été en garde à vue puis hospitalisée jusqu’à juste avant 4 heures du matin. Elle a déclaré : « Je n’ai pas seulement été expulsée et arrêtée. J’ai été arrêtée si violemment que deux autres personnes présentes ont tenté d’intervenir alors qu’on me tirait par les épaules après que je leur ai dit que j’ai une déchirure du tendon de la coiffe des rotateurs et plusieurs déchirures du cartilage aux deux épaules. »

Elle a rapporté que le sergent d’armes de la Chambre lui avait dit qu’elle était arrêtée « parce que je me suis levée. En silence. Pas de badges, pas d’expressions faciales, pas de gestes, pas de pancartes. Pas un son. Debout. »

« Il n’y a que deux choses que vous pouvez faire à l’état de l’Union, et c’est vous asseoir et vous lever. Toute la soirée, des gens se sont levés. Moi aussi, » a ajouté Rahman, soulignant la nature silencieuse et non provocatrice de son geste.

Réponse officielle et antécédents allégués

Le Capitol Police a confirmé qu’elle a été arrêtée pour « unlawful conduct, disruption of Congress » — conduite illégale et perturbation du Congrès — et a insisté qu’« il est interdit de manifester dans les bâtiments du Congrès » et que « tous les billets pour l’état de l’Union précisent clairement que la manifestation est interdite ».

Rahman a par ailleurs assuré qu’elle avait été traînée hors de sa voiture le mois précédent par des agents fédéraux à Minneapolis lorsqu’elle avait emprunté une rue où se déroulait une manifestation anti-immigration ; elle expliquait alors qu’elle se rendait à un rendez-vous médical.

Exigence d'explications et profil médical

Mercredi, la députée Ilhan Omar a exigé « une explication complète » sur les raisons de cette arrestation et a qualifié la réaction policière de « forte et intimidante », estimant que « la réponse musclée à une invitée pacifique envoie un message glaçant sur l’état de notre démocratie ». Elle a précisé que Rahman est une personne handicapée, atteinte d’autisme et d’un traumatisme crânien.

Contexte politique et opérations d’immigration à Minneapolis

Dans ce contexte, Minneapolis a récemment été au cœur d’une répression migratoire intense menée par l’administration Trump dans le cadre de l’opération dite « Operation Metro Surge ». Lors de cette opération, des agents fédéraux ont ouvert le feu sur plusieurs personnes, provoquant la mort de deux Américains, Renee Good et Alex Pretti.

Sur le plan politique, des démocrates au Congrès ont exigé un changement des méthodes d’application de l’immigration par le Department of Homeland Security, refusant de voter un projet de loi destiné à financer le département et contribuant ainsi à un arrêt partiel du gouvernement.

Alors que les demandes d’éclaircissements se multiplient, l’affaire soulève des questions sur le traitement des invités aux événements officiels, le recours à la force par les forces de l’ordre et la prise en compte des conditions médicales des personnes arrêtées.

Publié le : 26 février 2026
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