Arrestation à Dallas et décès survenu un jour après
À Dallas, la famille d’un Afghan de 41 ans réclame des réponses après sa mort, survenue un jour après son arrestation par les agents de l’immigration. Mohammad Nazeer Paktiawal, père de six enfants, a été interpellé le 13 mars alors qu’il s’apprêtait à conduire ses enfants à l’école.
Sa famille affirme n’avoir reçu aucune explication sur les raisons de son arrestation ni sur les circonstances exactes de son décès. Le 13 mars, Paktiawal s’est plaint de difficultés respiratoires et de douleurs thoraciques alors qu’il se trouvait dans une salle de traitement au bureau de l’ICE à Dallas, selon l’agence. Il a été « immédiatement » transporté à l’hôpital Parkland Health pour observation.
Le lendemain matin, alors qu’il prenait son petit‑déjeuner, le personnel médical a remarqué un gonflement de la langue; des tentatives de réanimation ont été effectuées mais il a été déclaré décédé à 9 h 10. ICE précise que la mort fait toujours l’objet d’une enquête.
Récit familial et appels paniqués le matin de l’arrestation
Pour la fratrie, le récit officiel ne suffit pas. Naseer, son frère, raconte avoir reçu l’appel paniqué de sa belle‑sœur le matin de l’arrestation : « Des gens sont arrivés de nulle part et ont juste pris ton frère. »
Lors d’un bref entretien téléphonique le jour même, Mohammad a dit à Naseer qu’il ne se sentait pas bien, puis a remis le combiné à un agent. « L’agent m’a dit : “Ne t’inquiète pas… nous avons une infirmière. Nous allons nous en occuper.” Et il m’a raccroché au nez », relate Naseer. La famille a finalement reçu le corps mardi, mais pas d’explication convaincante.
Contexte des décès en détention et statut migratoire
Cette mort s’inscrit dans un bilan plus large : Paktiawal est le 12e détenu à mourir en détention de l’ICE cette année. L’an dernier, 31 personnes sont mortes en détention — un niveau inédit depuis deux décennies.
La famille souligne que Mohammad était arrivé légalement aux États‑Unis en août 2021, accueilli sous la procédure de « parole » destinée aux Afghans évacués pour raisons humanitaires. « Il n’a pas traversé la frontière illégalement », insiste Naseer; « il est passé par toutes les procédures, il a été interviewé, pris ses empreintes, contrôlé. »
Hommage familial et exigence d’une enquête transparente
Son fils Imrain peine à accepter l’absence : « C’était un bon père… Il était un héros, et il restera un héros. » La famille demande désormais une enquête transparente et des réponses claires sur les motifs de l’arrestation et la chaîne d’événements médicaux qui ont suivi.
ICE affirme mener une enquête interne ; la famille, elle, attend des faits plutôt que des formules.
