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Près de 80 000 habitants des Hauts-de-France exposés à un fongicide agricole dans l'eau potable : que faut-il savoir ?

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fongicide - Près de 80 000 habitants des Hauts-de-France exposés à un fongicide agricole dans l'eau potable : que faut-il savoir ?

Situation préoccupante à Inchy-en-Artois

Depuis une semaine, l’amertume s’installe chez Sabrina, gérante d’un bar-tabac à Inchy-en-Artois. Cette mère de famille veille attentivement à sa santé et à celle de ses proches. « Je fais attention à ce que j’achète en choisissant des produits de qualité, non transformés, et des aliments bio. On fait tout pour ne pas être empoisonnés… »

Cependant, sa méfiance s’étend désormais à l’eau du robinet. L’ONG Générations Futures a alerté le 28 janvier : dans 27 communes du Nord Pas-de-Calais, l’eau dépasse la limite réglementaire de fluopyram, un fongicide agricole. « Dans l’eau, la boisson de base ! », soupire Sabrina, qui achète désormais de l’eau en bouteille.

Exposition au fluopyram

Au total, 79 250 habitants sont exposés à des concentrations de fluopyram supérieures au seuil réglementaire de 0,1 microgramme par litre. Les niveaux mesurés atteignent en moyenne quatre à cinq fois cette norme. À Inchy-en-Artois, ils frôlent des seuils jusqu’à 17 fois supérieurs.

Ce fongicide, autorisé en France, est utilisé dans les cultures de céréales, de pommes de terre et de betteraves. En 2023, 127 tonnes ont été épandues. Appartenant à la famille des SDHI, il affecte la respiration cellulaire, ce qui soulève des inquiétudes quant à des maladies neurologiques ou des cancers.

Réactions des habitants

Didier n’est pas surpris par cette situation. « C’est susceptible d’être cancérogène. Mais à part ça, on nous dit que l’eau peut quand même être consommée… » Il lève les yeux au ciel, affirmant qu'il a cessé de boire l’eau du robinet depuis longtemps. « Ici comme dans beaucoup d’endroits, on a des bouteilles d’eau à la maison, pour boire et faire le café. Très peu de gens boivent au robinet », souligne-t-il.

Michel Rousseau, le maire d’Inchy-en-Artois, tente de rassurer la population. « Aucun scientifique ne dit clairement que c’est cancérogène, rien n’est scientifiquement prouvé », déclare-t-il. Selon lui, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a un avis positif sur le produit.

Position des autorités sanitaires

Les autorités n’ont prononcé aucune restriction de consommation et informent les habitants qu’ils peuvent continuer à boire l’eau du robinet. Cependant, la toxicologue Pauline Cervan souligne que la valeur sanitaire maximale (VMax) pour le fluopyram n’existe pas encore. « L’Anses est en train de travailler dessus », précise-t-elle.

Elle indique que lorsque la norme réglementaire est dépassée, il devrait y avoir des restrictions. « Or, on constate que ce n’est pas fait. » Sabrina s’interroge : « Ça coûte quoi, d’informer les gens et de prendre des précautions ? »

Inquiétudes pour l'avenir

Elle craint qu’on lui dise dans cinq ans que la situation n’était pas bonne. « C’est très inquiétant ! » déclare-t-elle en sortant ses packs d’eau de derrière son comptoir. Cette situation soulève des questions sur la sécurité de l’eau potable et la responsabilité des autorités.

Conclusion

La situation à Inchy-en-Artois met en lumière les préoccupations croissantes des habitants face à la qualité de l’eau potable. Les inquiétudes autour du fluopyram et son impact potentiel sur la santé publique nécessitent une attention immédiate. Les autorités doivent agir pour garantir la sécurité des habitants et leur fournir des informations claires.

Publié le : 5 février 2026
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